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Auto-hébergement vs. Cloud : 3 bonnes raisons d’abandonner les GAFAM

Ah, les GAFAM! Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft. Ces géants du numérique qui dominent notre paysage technologique mondial. Leur cloud est omniprésent, ils détiennent une part majoritaire du marché des services en ligne et sont l’épine dorsale de nombreuses entreprises. Mais voilà, de plus en plus d’utilisateurs et d’entreprises commencent à se poser des questions. Est-ce vraiment une bonne idée de confier toutes nos données à ces géants américains ? Ne serait-il pas judicieux d’explorer d’autres voies, comme l’auto-hébergement ?

L’émergence de la souveraineté numérique

Il y a quelques années, l’idée que les GAFAM puissent représenter une menace pour notre souveraineté numérique était impensable. Aujourd’hui, ce sujet est sur toutes les lèvres. En France et en Europe, les entreprises, les États et les citoyens commencent à prendre conscience de l’importance de reprendre le contrôle de leurs données.

Alors que la numérisation s’accélère, les données sont devenues le nouvel or noir de l’économie. Elles sont une source de pouvoir et de richesse inestimable. Et pourtant, la plupart des entreprises et des citoyens les confient sans réfléchir à des sociétés américaines. Cela pose des problèmes en matière de protection des données, de concurrence loyale et de souveraineté numérique.

L’auto-hébergement : une alternative réaliste

Face à cette prise de conscience, l’auto-hébergement émerge comme une alternative réaliste au cloud des GAFAM. Plutôt que de confier ses données à une entreprise tierce, l’idée est de les stocker soi-même, sur ses propres serveurs. Cette solution présente plusieurs avantages.

Tout d’abord, elle permet de reprendre le contrôle de ses données. En les stockant sur ses propres serveurs, on s’assure de leur confidentialité et de leur sécurité. On peut également choisir de les partager avec qui on veut, quand on veut.

Ensuite, l’auto-hébergement offre une grande flexibilité. On peut choisir le matériel et les logiciels qui répondent le mieux à nos besoins et à notre budget. On peut également adapter la configuration de nos serveurs en fonction de l’évolution de nos besoins.

Enfin, l’auto-hébergement est une solution économiquement viable. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est pas nécessaire d’être un géant du numérique pour auto-héberger ses données. De nombreuses solutions abordables sont disponibles sur le marché, à la portée des TPE, PME et même des particuliers.

Les DSI français prennent le virage de l’auto-hébergement

Les DSI français ne sont pas en reste. Confrontés aux mêmes problématiques de souveraineté numérique, ils sont de plus en plus nombreux à faire le choix de l’auto-hébergement.

Selon une étude récente, près de la moitié des DSI français envisageraient de recourir à l’auto-hébergement d’ici 2025. Un chiffre qui illustre bien l’attrait croissant pour cette solution.

Vers une transition énergétique du numérique ?

Si l’auto-hébergement présente de nombreux avantages, il pose également des questions en matière d’énergie. En effet, les data centers consomment une grande quantité d’énergie pour fonctionner et pour refroidir leurs serveurs.

Cependant, l’auto-hébergement pourrait bien être une solution pour une transition énergétique du numérique. En effet, en distribuant les données sur plusieurs petits serveurs plutôt qu’en les centralisant dans d’énormes data centers, on pourrait réduire la consommation d’énergie.

De plus, l’auto-hébergement permettrait de favoriser l’émergence d’une économie locale du numérique. En effet, les entreprises qui choisissent cette solution ont besoin de professionnels pour installer et entretenir leurs serveurs. Cela pourrait créer des emplois locaux et contribuer à dynamiser l’économie des territoires.

Le rôle des pouvoirs publics européens

Face à ces enjeux, les pouvoirs publics européens ont un rôle important à jouer. Ils doivent encourager et faciliter le passage à l’auto-hébergement, notamment en mettant en place des aides financières et des formations pour les entreprises qui souhaitent faire ce choix.

Ils doivent également mettre en place une réglementation adaptée pour garantir la sécurité des données et la concurrence loyale dans le secteur du numérique. Enfin, ils doivent sensibiliser les citoyens et les entreprises à l’importance de la souveraineté numérique et à l’intérêt de l’auto-hébergement.

En conclusion, il est clair que l’auto-hébergement est une alternative réaliste et prometteuse au cloud des GAFAM. Il permet de reprendre le contrôle de ses données, d’assurer leur sécurité et leur confidentialité, et de contribuer à la transition énergétique du numérique. Les pouvoirs publics européens ont un rôle clé à jouer pour encourager cette transition.

Alors, êtes-vous prêts à faire le saut vers l’auto-hébergement et à abandonner les GAFAM ?

L’Union Européenne face à la domination des GAFAM

Face à la domination des GAFAM, l’Union européenne a commencé à prendre des mesures pour protéger les données personnelles des citoyens et favoriser la concurrence dans le secteur numérique. La question de la souveraineté numérique est en effet devenue un enjeu majeur pour l’Europe, qui souhaite reprendre le contrôle sur ses données et limiter la dépendance envers les entreprises américaines.

En 2022, la Commission européenne a lancé un projet ambitieux visant à créer une alternative européenne aux GAFAM. Ce projet, baptisé “Next Generation Internet” (NGI), vise à développer une nouvelle génération de produits et services numériques européens, respectueux de la vie privée et ouverts à tous.

Dans ce contexte, l’auto-hébergement est encouragé par l’Union européenne comme une solution pour garantir la sécurité et la confidentialité des données personnelles. De plus, cette solution permet de développer une industrie numérique locale et de réduire la dépendance envers les GAFAM.

Par ailleurs, la Commission européenne a adopté des règlements visant à limiter la position dominante des GAFAM. Par exemple, le Digital Services Act (DSA) et le Digital Markets Act (DMA) visent à réguler les grandes plateformes en ligne et à garantir une concurrence loyale dans le secteur numérique.

Enfin, l’Union européenne finance des projets de recherche pour développer des alternatives aux services des GAFAM. Par exemple, le projet Qwant, un moteur de recherche français, a reçu des fonds européens pour développer une alternative à Google.

Les défis de l’auto-hébergement pour les entreprises européennes

Si l’auto-hébergement offre de nombreux avantages, il présente également des défis pour les entreprises européennes. Le premier défi est technique : il faut disposer des compétences nécessaires pour mettre en place et gérer un système d’auto-hébergement. Cela nécessite une certaine expertise en informatique et en gestion de données.

Le second défi est financier. L’auto-hébergement requiert un investissement initial pour l’achat du matériel et du logiciel, ainsi que des coûts récurrents pour la maintenance et la mise à jour du système. Ces coûts peuvent être un frein pour les petites entreprises qui disposent de budgets limités.

Un troisième défi est lié à la sécurité des données. L’auto-hébergement nécessite une vigilance constante pour protéger les données contre les cyberattaques, les pannes de système et les erreurs humaines. Cela requiert des compétences en cybersécurité et une mise en œuvre rigoureuse des normes de protection des données.

Enfin, l’auto-hébergement pose un défi en termes d’échelle. Les grandes entreprises américaines du numérique profitent d’économies d’échelle qui leur permettent de proposer des services à bas coût. Les entreprises européennes qui choisissent l’auto-hébergement doivent donc trouver des moyens innovants pour concurrencer les GAFAM sans sacrifier la qualité de leurs services.

Ces défis ne sont pas insurmontables. De nombreuses entreprises françaises et européennes ont déjà réussi à mettre en place des systèmes d’auto-hébergement robustes et efficaces. Avec le soutien des pouvoirs publics et une prise de conscience collective de l’importance de la souveraineté numérique, l’auto-hébergement a tout pour devenir une alternative viable aux GAFAM.

Conclusion

L’auto-hébergement est une solution prometteuse pour reprendre le contrôle de nos données et répondre au défi de la souveraineté numérique. Cependant, la transition vers l’auto-hébergement demandera du temps, des investissements et un changement de mentalité. Il ne s’agit pas seulement d’une question technique, mais également d’un enjeu politique et économique.

L’Union européenne a un rôle clé à jouer dans cette transition. Elle doit soutenir les entreprises européennes qui font le choix de l’auto-hébergement, en proposant des aides financières, des formations et une réglementation adaptée.

Il est temps d’abandonner notre dépendance envers les GAFAM et de faire le choix de l’indépendance numérique. Alors, êtes-vous prêt à faire le saut vers l’auto-hébergement ?

Picture of François Le Guéant