Trente-six candidats retenus, un vote qui traîne et un lancement repoussé à 2029 : le digital euro avance au rythme tranquille de la bureaucratie bruxelloise. La Banque centrale européenne a sélectionné 36 prestataires de paiement pour éprouver sa future monnaie numérique avant un pilote annoncé pour 2027. Parmi les noms cités figurent Stripe, Revolut et Deutsche Bank.
Points clés
- La BCE a retenu 36 prestataires de paiement (dont Stripe, Revolut et Deutsche Bank) pour tester le digital euro.
- Un pilote de 12 mois est visé au second semestre 2027, sous réserve d’une base juridique adoptée en 2026.
- Un déploiement plus large n’est pas attendu avant 2029.
- Les débats portent sur un plafond de détention, l’absence d’intérêt et des services de base gratuits.
36 prestataires pour dégrossir le terrain
La sélection vise des fournisseurs de services de paiement appelés à participer aux travaux techniques autour du digital euro. L’objectif affiché : préparer un programme pilote en 2027, à condition que le cadre législatif européen soit bouclé d’ici là. Un détail qui a son importance, on y revient.
Cette phase d’essais colle au calendrier de l’Eurosystème. La Bundesbank précise qu’un pilote associant des participants du marché (prestataires de paiement et commerçants sélectionnés) pourrait démarrer à partir de la mi-2027, sous réserve d’une base juridique adoptée en 2026.
Un calendrier suspendu au vote des textes
Tout dépend des négociations entre institutions européennes. Le Parlement a validé une version de travail du texte fin juin 2026, mais les discussions avec le Conseil et la Commission n’ont pas encore abouti. Reuters rapporte que la BCE vise un pilote de 12 mois à partir du second semestre 2027, avant un déploiement plus large en 2029.
La monnaie numérique de banque centrale doit fonctionner comme une forme électronique d’euro émise par la BCE, utilisable en ligne et hors ligne. Les débats à Bruxelles portent aussi sur plusieurs garde-fous : plafond de détention par utilisateur, absence d’intérêt et services de base gratuits pour les particuliers. Autant de digues destinées à rassurer les banques commerciales, qui redoutent de voir leurs clients transférer leurs dépôts vers un compte estampillé BCE.
Fintech, paiement et banque à la même table
Stripe, Revolut et Deutsche Bank figurent donc parmi les prestataires retenus, un attelage qui réunit la fintech, le paiement et la banque traditionnelle. Les sources consultées ne détaillent pas encore le rôle exact de chacun ni la répartition des essais.
La BCE défend le projet comme un moyen de paiement paneuropéen adossé à la banque centrale, capable de tenir tête aux réseaux de cartes américains. Les responsables européens jurent qu’il coexistera avec l’existant, sans remplacer le cash ni les services bancaires classiques. Reste que, entre un cadre juridique en gestation et un lancement repoussé à 2029, l’euro numérique cultive l’art de la promesse à horizon lointain.