Sur les 22 millions de dollars promis au minage, à peine 13 % ont vu la couleur d’un rig. La SEC a lancé des poursuites contre Mining Automatic et son fondateur, Zan Shaikh, accusés d’avoir levé quelque 22 millions de dollars auprès des investisseurs pour une activité de crypto mining qui n’aurait consommé qu’environ 13 % des fonds récoltés. Le reste ? Du marketing pour attirer de nouveaux clients et, accessoirement, des dépenses personnelles.
Rendue publique le 20 juillet 2026, la procédure vise Mining Automatic, opérant sous la société Bright Vision Distribution LLC, ainsi que Shaikh, présenté comme résident de Floride.
Points clés
- La SEC accuse Mining Automatic d’avoir levé 22 millions de dollars dont 13 % seulement affectés au minage réel
- Plus de 380 investisseurs concernés, avec au moins 20 millions jamais reversés
- Accord de principe conclu, sanctions financières et interdiction de diriger à fixer par le tribunal
Le minage promis, le pyramidage livré
Dans son dossier, la SEC affirme que Mining Automatic vendait son activité comme une opération de crypto mining générant des revenus réguliers. Les investisseurs étaient invités à financer des ressources informatiques dédiées à la validation de transactions sur des réseaux blockchain, contre des rendements mensuels garantis. Le mot « garanti » aurait dû mettre la puce à l’oreille.
Le régulateur soutient que la structure n’a jamais généré assez de revenus de minage pour honorer ces promesses. La plainte couvre la période de juin 2023 à mai 2025. La SEC accuse aussi les défendeurs d’avoir menti sur leur expérience, leurs capacités techniques et l’usage réel des fonds.
SEC, dans sa plainte : « Environ 13 % seulement de l’argent levé a servi à couvrir les coûts liés à la prétendue activité de minage. »
380 investisseurs et 20 millions jamais reversés
Plus de 380 investisseurs auraient participé au montage, pour un total d’environ 22 millions de dollars. L’agence précise que Mining Automatic aurait encaissé au moins 20 millions de dollars de plus qu’elle n’en a reversé aux investisseurs.
Le dossier a été déposé devant le tribunal fédéral du district du Massachusetts. La SEC dit avoir obtenu un accord de principe avec Zan Shaikh et sa société : les défendeurs ont consenti à des jugements sans reconnaître ni nier les accusations. Les sanctions financières (restitution, intérêts et amendes civiles) seront fixées ultérieurement par le tribunal.
Fraude, interdictions et lois centenaires
Le régulateur reproche aux deux parties des violations des règles d’enregistrement et des dispositions antifraude du Securities Act de 1933, du Securities Exchange Act de 1934 et de la règle 10b-5. Si les ordonnances proposées sont validées, elles interdiront définitivement à Shaikh et à Mining Automatic toute nouvelle infraction aux lois sur les valeurs mobilières.
Le fondateur écoperait en prime d’une interdiction d’exercer des fonctions de dirigeant ou d’administrateur, assortie d’une injonction fondée sur sa conduite. Un schéma classique du secteur : promettre du rendement passif, encaisser des vrais dollars, oublier de brancher les machines.