Les bookmakers américains ont trouvé un rival qui ne dit pas son nom : le contrat événementiel. Selon Bloomberg, les marchés prédictifs ont capté 27 % de l’ensemble des paris sportifs liés à la Coupe du monde aux États-Unis. Une percée fulgurante face aux opérateurs traditionnels, qui voient débarquer des plateformes où l’on ne parie pas, on trade un résultat.
L’estimation, relayée le 19 juillet 2026, s’appuie sur H2 Gambling Capital et porte sur la part du volume légal de paris sportifs américain pendant le tournoi. Kalshi, Polymarket et la plateforme adossée à Robinhood et Susquehanna surfent tous sur l’appétit du public pour le Mondial.
Points clés
- Les marchés prédictifs représentent 27 % du volume légal de paris sportifs américain pendant le Mondial, contre 9 % en début d’année
- La plateforme adossée à Robinhood et Susquehanna a dépassé 3 milliards de dollars de mises, avec un volume quotidien en hausse de 86 % en juillet
- Susquehanna a débloqué 500 millions de dollars pour la couverture institutionnelle, tandis que Goldman Sachs encadre son trading interne
Une part de marché qui grimpe à toute vitesse
H2 Gambling Capital chiffre l’activité des marchés prédictifs à environ 27 % du volume légal des paris sportifs américains pendant la Coupe du monde, contre 9 % en début d’année. La comparaison a ses limites : marchés prédictifs et bookmakers ne comptabilisent pas les volumes de la même façon, et les chiffres internes des opérateurs traditionnels ne sont pas encore sortis. Mais la direction ne fait pas débat.
Bloomberg a déjà rapporté que l’intérêt pour le tournoi avait porté à plus de 3 milliards de dollars les mises sur la plateforme adossée à Robinhood Markets et Susquehanna International Group, lancée quelques mois plus tôt seulement. Son volume moyen quotidien aurait bondi de 86 % en juillet par rapport à juin.
Un autre article évoquait plus de 5 milliards de dollars échangés sur le Mondial via Polymarket à l’international et Kalshi sur le marché américain régulé. Des gains et des pertes à sept chiffres ont accompagné le mouvement, sur les résultats des matches, le meilleur buteur ou d’autres événements du tournoi. Un parieur a d’ailleurs laissé 13 millions de dollars sur un seul match, histoire de rappeler que ces contrats ne sont pas un jeu de fléchettes du dimanche.
Kalshi, Polymarket et Robinhood en première ligne
Kalshi, la plateforme américaine de contrats événementiels, et Polymarket, son concurrent hors des États-Unis, figurent parmi les grands gagnants de cette ruée vers les paris indexés sur des événements réels. Blockchain.com préparerait un partenariat avec Polymarket pour ouvrir ces marchés à ses utilisateurs dans certaines régions, juste à temps pour les demi-finales.
La vague a aussi réveillé Wall Street. Susquehanna a mis 500 millions de dollars sur la table pour aider les institutions à se couvrir via des marchés prédictifs sur les résultats sportifs. Dans le même temps, Goldman Sachs a restreint le trading interne sur ces marchés, sauf pour les paris sportifs et de divertissement. Quand la conformité s’y intéresse, c’est que la catégorie n’est plus une curiosité.
Reste le cadre réglementaire, qui varie selon les pays et les usages, entre pari sportif, couverture et spéculation pure. Les volumes du Mondial servent désormais de test grandeur nature à ces plateformes qui brouillent, avec un enthousiasme non dissimulé, la frontière entre la bourse et le bookmaker.