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MetaMask a fait bosser un développeur nord-coréen sur son code sans le savoir

Le loup était déjà dans la bergerie, badge de consultant autour du cou. Consensys, le groupe derrière le wallet MetaMask, a travaillé plusieurs semaines avec un développeur lié à la Corée du Nord avant de flairer le danger et de lui couper l’accès. L’affaire remonte à des communications internes publiées ce week-end.

Consensys assure avoir ouvert une enquête interne, prévenu les autorités et conclu qu’aucun fonds, aucune donnée et aucun code malveillant n’avaient été compromis. La firme range l’incident dans la case « problème de chaîne d’approvisionnement humaine », pas fuite de données.

Points clés

  • Consensys a fait travailler un développeur lié à la Corée du Nord sur du code MetaMask via un prestataire tiers, entre mars et avril 2026.
  • La firme dit n’avoir constaté aucun vol d’actifs, aucune fuite de données ni code malveillant déployé.
  • L’accès aurait duré environ un mois, sur des composants de conversion crypto-fiat.
  • MetaMask revendique plus de 30 millions d’utilisateurs mensuels.

Un consultant glissé par un prestataire tiers

Le développeur n’a pas franchi la porte principale. Il est arrivé via un prestataire de services tiers avec lequel Consensys avait déjà une relation établie. Pas salarié donc, mais consultant. En interne, la société l’identifiait sous le nom de Tyler Knapp et, sur GitHub, sous le pseudonyme imyugioh.

Les contributions attribuées à ce compte auraient débuté le 9 mars 2026 pour s’arrêter net en avril 2026, au moment où l’accès a été révoqué. Il aurait travaillé sur du code de MetaMask, notamment des composants liés à la conversion entre crypto et monnaie fiduciaire via des prestataires de paiement tiers. Autrement dit, la plomberie qui manipule l’argent réel.

Matt Corva, directeur juridique de Consensys, a résumé la ligne officielle :

« Nous avons découvert la menace, suivi nos protocoles de sécurité, immédiatement mis fin à tout accès et lancé une enquête approfondie qui a confirmé qu’il n’y avait eu aucun détournement d’actifs ou de données, aucun code malveillant déployé et aucun impact sur la sécurité des utilisateurs. »

Matt Corva, directeur juridique de Consensys

Ce que Consensys dit avoir vérifié

La firme affirme avoir coupé l’accès dès la découverte, suspendu des sorties de produit pendant l’enquête, puis notifié les forces de l’ordre. Elle dit aussi revoir ses pratiques de sous-traitance pour l’ingénierie et le développement.

Le dossier a finalement été relié à la République populaire démocratique de Corée, nom officiel de la Corée du Nord. Sur la méthode employée pour établir ce lien, Consensys reste discret. L’accès aurait duré environ un mois, une fenêtre qui donne le tournis quand on sait que MetaMask revendique plus de 30 millions d’utilisateurs mensuels.

Un cas de plus dans la pression sur les recrutements crypto

Les opérateurs liés à Pyongyang ne se contentent plus de viser le code ou les portefeuilles de front. Ils s’infiltrent par les équipes techniques et les fournisseurs, candidatures frauduleuses et identités fabriquées à l’appui. C’est le grand classique du secteur, désormais bien documenté chez les entreprises crypto.

Consensys promet une révision des contrôles appliqués aux sous-traitants et aux profils externes touchant au code. Le vrai trou dans la raquette reste le filtre initial : un prestataire jugé fiable, un consultant introduit par ce canal, et un mois entier avant que quelqu’un ne tique. La vérification en amont a manifestement pris des vacances.

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