Jack Dorsey ajoute une pièce de plus à son chantier logiciel. Le cofondateur de Twitter et de Block a présenté Buzz, une application de chat collectif pensée pour le travail et conçue pour faire entrer des agents d’IA dans les mêmes conversations que les humains. Dorsey la résume en quatre adjectifs : « model-agnostic, decentralized, self-sovereign, and open source ». Traduction maison : indépendant du modèle, décentralisé, souverain et ouvert. Quatre cases cochées qui sentent bon la profession de foi anti-jardin clos.
Le projet vise Slack, mais lorgne aussi vers GitHub. Buzz réunit discussion, coordination de tâches et interaction avec des agents dans une seule interface. D’après la présentation de Buzz par Block, l’application est disponible gratuitement sur ordinateur, avec des versions pour macOS, Windows et Linux.
Points clés
- Block, la société de Jack Dorsey, lance Buzz, un chat d’équipe open source intégrant des agents d’IA
- L’application repose sur le protocole décentralisé Nostr et permet l’auto-hébergement
- Disponible gratuitement sur macOS, Windows et Linux, avec code source publié sur GitHub
- Aucun chiffre d’adoption ni tarif entreprise communiqué, le produit reste en développement
Des agents traités comme des collègues
Buzz se présente comme un espace de travail où les agents ne sont pas bricolés après coup en bot ou en extension. Ils entrent dans les canaux, suivent les échanges et participent aux tâches au même titre que les membres d’une équipe. Le produit peut gérer des projets GitHub depuis la même fenêtre que les conversations, avec une logique de workspace unique plutôt que de jonglage permanent entre onglets.
Le produit est porté par Block, la société de Dorsey qui exploite aussi Square, Cash App, Afterpay et Tidal. L’argument de vente tient en un mot : centralisation. Réunir humains, IA et code dans un seul environnement, code source publié sur GitHub à l’appui.
Nostr sous le capot, auto-hébergement en prime
Buzz repose sur Nostr, le protocole social décentralisé déjà cher à l’écosystème de Dorsey. Le code étant ouvert, une équipe peut faire tourner sa propre instance et tordre l’outil selon ses workflows internes. De quoi ravir les amateurs d’auto-hébergement fatigués de confier leurs discussions à des serveurs qu’ils ne contrôlent pas. La version bureau est livrée gratuitement, avec des builds pour les trois grands systèmes.
Reste que le chantier est jeune. Block présente lui-même Buzz comme un produit en développement, feuille de route encore trouée. Selon les détails rapportés par The Verge, plusieurs fonctions restent en chantier, notamment sur mobile et sur les mécanismes de notifications et d’approbation.
Entrée directe sur le terrain de Slack et GitHub
Le positionnement ne laisse pas de place au doute : proposer une alternative aux outils utilisés en parallèle pour discuter, gérer des projets et suivre du code. Chat de groupe, agents intégrés et gestion de dépôts dans une seule interface.
Pour l’instant, Block n’a publié ni chiffre d’adoption, ni tarif entreprise, ni nom de client externe. La mise en ligne du code et du client de bureau fait office de coup d’envoi. Le pari : séduire les équipes déjà organisées autour d’agents. Face à un Slack solidement installé, le mantra open source et décentralisé de Dorsey a le mérite de la cohérence. Il lui reste à convaincre que l’idéologie fait tourner une entreprise aussi bien qu’un abonnement mensuel.