Lancez un défi à une communauté de rétro-bidouilleurs, et regardez « impossible » fondre comme neige au soleil. Des moddeurs ont montré en un week-end qu’un port de Doom sur Neo Geo n’avait rien d’infaisable, transformant un simple raycaster en base de travail pour un rendu de plus en plus fidèle au FPS d’id Software. Le chantier reste bridé par l’architecture de la console de SNK, pensée pour les sprites 2D, mais les premiers résultats ont suffi à relancer la course.
Points clés
- Une vidéo de Modern Vintage Gamer a relancé le défi d’un Doom sur Neo Geo via un raycaster
- La Neo Geo AES, pensée pour les sprites 2D, complique fortement tout rendu 3D
- Le projet DoomGeo affiche déjà HUD, portrait du Doomguy, BFG et ennemis
- Aucun port final distribué à ce jour, mais la faisabilité est démontrée
Une console 2D face à un FPS en 3D
Le point de départ vient d’une vidéo de Modern Vintage Gamer, qui refusait de qualifier la tâche d’impossible. Sa démonstration portait sur un raycaster, une technique de rendu 3D simplifiée qui ne reproduit pas le moteur de Doom à l’identique mais affiche déjà couloirs et murs en perspective sur du matériel ancien.
La Neo Geo AES, sortie au début des années 1990, est bâtie autour de sprites et de plans 2D, pas d’un pipeline 3D. Ars Technica rappelle l’absence de mode bitmap pratique et d’architecture pensée pour un rendu logiciel massif, ce qui complique sérieusement un port complet. C’est justement cette contrainte qui a poussé la communauté à tester ce qui restait faisable.
DoomGeo avance à coups de compromis graphiques
Le projet communautaire, souvent présenté sous le nom DoomGeo, a déjà franchi plusieurs jalons visibles. Les développeurs ont ajouté un HUD de style Doom, un portrait du Doomguy, des compteurs de munitions, des armes comme le BFG et des ennemis, tout en restant dans les clous du matériel.
Les choix techniques passent par des compromis assumés. Les premiers essais ont reposé sur des effets simples, puis sur des adaptations pour approcher le comportement de Doom sans exiger de la Neo Geo ce qu’elle ne sait pas faire nativement. Le résultat n’a rien d’un port officiel, mais il prouve qu’un rendu jouable n’est pas hors d’atteinte.
Un nouveau trophée pour le homebrew rétro
Au-delà du cas Doom, l’épisode s’inscrit dans la longue tradition du homebrew et des détournements techniques sur machines rétro. Ces communautés continuent d’explorer les capacités réelles de consoles réputées limitées, et la Neo Geo rejoint la liste des plateformes sur lesquelles des amateurs repoussent le cadre attendu.
Aucun port final et distribué de Doom sur Neo Geo n’est encore mentionné dans les sources. Mais la séquence de ce week-end change déjà le ton du débat : sur cette machine aussi, « impossible » n’a pas fait long feu.