Quand la RAM coûte un bras, autant tisser la sienne à la main. Excédé par la RAMpocalypse qui fait grimper le prix des barrettes, un bidouilleur a décidé de fabriquer sa propre mémoire. Pas avec de la DDR5 dernier cri, mais avec de la mémoire à tores de ferrite, cette technologie qui équipait les ordinateurs de la mission Apollo dans les années 1960.
Points clés
- Un maker a fabriqué de la mémoire à tores de ferrite, technologie d’avant les semi-conducteurs, en réponse à la hausse du prix de la RAM.
- Le projet réutilise des tores magnétiques récupérés sur d’anciens ordinateurs soviétiques.
- La mémoire, tissée à la main, est intégrée dans le format d’une clé USB.
Un retour aux origines de la mémoire vive
La mémoire à tores magnétiques repose sur un principe d’une simplicité brutale : de minuscules anneaux de ferrite, enfilés à la main sur un maillage de fils de cuivre. Chaque tore stocke un bit selon le sens de sa magnétisation. C’était l’état de l’art avant l’arrivée des puces à semi-conducteurs, et cela demandait un travail d’orfèvre (ou plutôt de couturier).
Notre bricoleur a poussé le vice jusqu’à récupérer des composants issus d’ordinateurs soviétiques, ces tores de ferrite d’époque servant de matière première à son projet. Le tout a été intégré dans un format aussi improbable que réjouissant : une clé USB. Une capacité mémoire ridicule au regard des standards actuels, mais l’exploit n’est pas dans les octets.
Un pied de nez à la flambée des prix
Le contexte donne tout son sel à l’affaire. La hausse continue du prix des modules mémoire, alimentée par la demande insatiable des centres de données et de l’IA, transforme le moindre upgrade en investissement. De là à ressusciter une technologie vieille de soixante-dix ans, il n’y a qu’un pas que ce maker a franchi avec le sourire.
Personne ne remplacera ses barrettes DDR par des tores tissés à la main, évidemment. Mais l’objet a le mérite de rappeler, par l’exemple concret, comment fonctionnait la mémoire avant qu’on ne l’oublie dans du silicium. Une leçon d’histoire du hardware qui tient au bout des doigts, littéralement.