Un service censé cacher votre adresse mail qui la révèle sans effort, c’est un peu comme un coffre-fort dont la clé serait scotchée sur la porte. C’est pourtant le reproche adressé à Hide My Email, la fonction phare d’Apple pour protéger la boîte de réception de ses utilisateurs. Selon les informations rapportées, le service exposerait les véritables adresses e-mail des utilisateurs avec un minimum d’efforts, mettant potentiellement en danger des millions de personnes.
Points clés
- Hide My Email, la fonction iCloud+ d’Apple, exposerait les vraies adresses e-mail des utilisateurs avec peu d’efforts
- Apple serait au courant du problème depuis environ un an sans avoir publié de correctif
- Des millions d’utilisateurs pourraient voir leur adresse réelle identifiée malgré la promesse d’anonymat
Un rempart qui prend l’eau
Hide My Email fait partie de l’arsenal iCloud+ d’Apple. Le principe est simple et séduisant : au lieu de communiquer votre vraie adresse à un site ou une newsletter, le service génère une adresse relais aléatoire qui redirige les messages vers votre boîte réelle. De quoi limiter le pistage, le spam et les fuites en cascade. Sur le papier, une petite merveille de protection de la vie privée.
Sauf que le rempart présenterait une brèche. D’après les constats rapportés, il serait possible de remonter jusqu’à l’adresse réelle dissimulée derrière l’alias sans grande manipulation technique. Autrement dit, la promesse d’anonymat s’effondre là où elle devrait tenir bon.
Un an de silence à Cupertino
Le plus gênant n’est pas tant l’existence du problème que sa longévité. Apple aurait été alertée depuis environ un an sans avoir déployé de correctif. Pour une entreprise qui a fait de la confidentialité un argument marketing central, martelé à chaque keynote, le décalage entre le discours et les actes a de quoi faire tousser.
Les utilisateurs d’iCloud+ qui s’appuient sur Hide My Email pour cloisonner leur identité numérique se retrouvent donc avec une protection en trompe-l’œil. Millions d’adresses potentiellement identifiables, et un correctif toujours en attente : la vie privée vendue à prix d’abonnement mérite mieux qu’un délai d’un an.