Après des années de gestation, l’Europe tient (presque) son processeur maison. SiPearl vient de faire entrer sa puce Rhea1 en laboratoire, une étape qui rapproche le continent de son vieux rêve : ne plus dépendre d’Intel, d’AMD ou de Nvidia pour faire tourner ses supercalculateurs. La disponibilité commerciale est annoncée pour la fin 2026, selon un vice-président de la société.
Points clés
- SiPearl a fait entrer sa puce Rhea1 en phase de laboratoire, ultime étape avant la production
- Le processeur vise le calcul haute performance (HPC) et l’indépendance technologique européenne
- La disponibilité commerciale est annoncée pour la fin 2026 par un dirigeant de SiPearl
Un CPU pensé pour le calcul haute performance
Rhea1 est un processeur destiné au HPC (High Performance Computing, le calcul haute performance), le nerf de la guerre des supercalculateurs et de la simulation scientifique. L’architecture repose sur des cœurs Arm Neoverse, un choix assumé qui permet à SiPearl de bâtir une puce sans repartir d’une feuille blanche tout en gardant la main sur la conception.
L’objectif affiché est clair : doter l’Europe d’un CPU dit souverain, c’est-à-dire conçu sur le continent et déployable dans ses infrastructures stratégiques sans dépendre de fournisseurs américains ou asiatiques. La puce est notamment attendue pour équiper des machines de la classe exascale du programme européen EuroHPC.
Une gestation longue, un calendrier tenu de justesse
Le développement de Rhea1 a pris son temps, beaucoup de temps. L’entrée en labo marque le passage du silicium théorique au silicium réel, l’étape où l’on découvre si la puce se comporte comme prévu ou si les ingénieurs vont passer leurs nuits sur les bancs de test. SiPearl vise une disponibilité pour la fin 2026, un calendrier serré au vu du chemin déjà parcouru.
Pour l’industrie européenne du HPC, l’enjeu dépasse la performance brute. Il s’agit de prouver qu’un acteur du continent peut livrer un processeur crédible dans un secteur trusté par une poignée de géants. Le pari reste à confirmer sur le terrain, mais le premier wafer en labo vaut mieux qu’un énième slide de roadmap.