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« Speed » de Vaclav Smil : et si la voiture n’avait jamais roulé aussi lentement en ville ?

La technologie promettait de nous faire aller toujours plus vite. Dans les rues de nos métropoles, c’est l’inverse qui se produit. Dans son nouveau livre « Speed », le chercheur canadien Vaclav Smil part d’un constat que tout automobiliste coincé à un feu rouge connaît par cœur : la circulation urbaine ralentit, et aucune innovation clinquante n’y a changé grand-chose.

Points clés

  • Le TomTom Traffic Index chiffre la congestion urbaine mondiale à 25 %, contre 20 % auparavant
  • À Mexico, il faut 31 min 53 s pour parcourir 10 km ; Palerme perd 98 heures par an dans le trafic
  • Le livre « Speed » de Vaclav Smil analyse ce ralentissement comme un effet des contraintes urbaines, pas des performances des véhicules

Des villes où la vitesse moyenne recule

Le propos s’appuie sur des chiffres déjà bien documentés. Le TomTom Traffic Index chiffre la congestion urbaine mondiale à 25 %, contre 20 % lors des éditions précédentes. Dans nombre de grandes villes, les conducteurs passent aujourd’hui plus de temps dans les bouchons qu’au début des années 2020, avec des vitesses aux heures de pointe qui stagnent.

Les exemples ne manquent pas. À Mexico, des données relayées en juin 2026 par la presse locale à partir de TomTom évoquent une congestion moyenne de 52 % et 31 minutes et 53 secondes pour parcourir 10 kilomètres. À Palerme, la ville arrive en tête en Italie avec 51,3 % de congestion et 98 heures perdues chaque année dans le trafic. À Auckland, l’ordre de grandeur reste comparable avec 85 heures évaporées dans les embouteillages sur l’année.

Le trafic urbain comme thermomètre du ralentissement

Le livre, présenté par le Wall Street Journal, prend ce ralentissement comme point de départ. Le verbatim cité par le journal résume l’idée sans détour : « Le monde a, à certains égards, ralenti. Plus de congestion signifie que les voitures traversent les villes moins vite qu’au cours des dernières décennies. »

Les classements des fabricants d’outils de navigation racontent la même histoire. Les écarts entre villes persistent, mais la tendance de fond ne bouge pas : dans les zones denses, la voiture perd du temps. Et pas seulement à cause du nombre de véhicules. Les chantiers, les carrefours saturés et les politiques de gestion du trafic pèsent lourd, comme à New York, où l’instauration d’un péage urbain a modifié les flux de circulation de façon mesurable.

Ce que dit Smil sur la lenteur contemporaine

Vaclav Smil, auteur prolifique sur l’énergie, l’industrie et les infrastructures, replace la vitesse dans une perspective matérielle. Les voitures restent rapides sur autoroute. Mais leur vitesse réelle en ville dépend d’un enchevêtrement de contraintes physiques et urbaines. La vitesse ne se résume pas aux performances des moteurs. Elle dépend de l’espace disponible, du nombre d’usagers et de la capacité des villes à absorber ce volume.

Le constat de « Speed » ne dit pas que la rapidité a disparu. Il pointe son inégale répartition. Les réseaux numériques, les moteurs et les systèmes de navigation ont gagné en efficacité. Sur le bitume des grandes villes, la circulation, elle, avance souvent moins vite qu’avant. Voilà de quoi relativiser la prochaine promesse de mobilité qui vous garantit de gagner du temps.

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