Un bug d’authentification, un ordinateur jamais rendu et des dizaines de fichiers confidentiels aspirés en douce. Apple accuse un ancien ingénieur, Chang Liu, d’avoir exploité une faille « rare » pour garder un accès à ses dossiers internes après son départ chez OpenAI. Dans une plainte déposée en Californie, la firme affirme que l’intéressé a téléchargé des documents sensibles pendant plusieurs semaines, alors qu’il travaillait déjà pour la société d’IA.
L’affaire s’inscrit dans un bras de fer plus large entre les deux entreprises autour de la propriété intellectuelle et du débauchage de cadres. OpenAI rejette les accusations et assure n’avoir « aucun intérêt dans les secrets commerciaux d’autres entreprises ». Apple, elle, n’a pas commenté publiquement l’intrusion décrite dans son dossier.
Points clés
- Apple accuse l’ex-ingénieur Chang Liu d’avoir exploité une faille d’authentification pour accéder à ses serveurs internes après son départ chez OpenAI
- La plainte évoque le téléchargement de dizaines de fichiers confidentiels sur plusieurs semaines via un ordinateur d’entreprise non restitué
- Apple vise aussi l’ancienne VP design Tang Yew Tan et cite plus de 400 ex-salariés désormais chez OpenAI ; celle-ci nie les accusations
Un « LOL » qui pourrait coûter cher
Chang Liu a quitté Apple en janvier 2026 pour rejoindre la division matériel d’OpenAI. Selon la plainte, il n’a jamais restitué l’ordinateur portable d’entreprise déjà authentifié sur le réseau interne, puis s’est servi d’une faille d’authentification jusque-là inconnue pour atteindre des dossiers partagés.
La séquence décrite est peu flatteuse. Après avoir constaté qu’il pouvait encore accéder aux serveurs internes, l’ex-ingénieur aurait réagi par message avec un « LOL » et un commentaire jugeant la situation « si drôle », avant de télécharger pendant des semaines des dizaines de fichiers liés au matériel : spécifications techniques, présentations d’ingénierie et données de projets non annoncés. La machine non rendue aurait servi de porte d’entrée à cet accès persistant.
Une plainte qui vise aussi la stratégie de débauchage d’OpenAI
Le dossier ne s’arrête pas à ce seul salarié. Apple y décrit un effort plus large pour récupérer des informations confidentielles et accuse aussi l’ancienne vice-présidente design produit Tang Yew Tan, passée responsable matériel chez OpenAI, d’avoir utilisé des informations Apple lors du recrutement de candidats et après son départ.
La plainte a été déposée devant la juridiction fédérale du nord de la Californie, à San Jose. Apple réclame des mesures pour empêcher l’usage des informations visées et obtenir la restitution des éléments confidentiels. Selon les médias américains, la firme évoque au passage plus de 400 anciens salariés d’Apple désormais chez OpenAI, sans préciser le rôle de chacun.
OpenAI nie l’ensemble des accusations. À ce stade, il s’agit d’une procédure civile fondée sur les seules allégations d’Apple : rien n’a encore été tranché par un tribunal. Le « LOL » attendra le verdict.