Quand le loueur d’API devient soudain le premier concurrent de ses fournisseurs. Microsoft préparerait ses commerciaux à vanter ses modèles d’IA maison comme plus efficaces et moins chers que ceux d’OpenAI et d’Anthropic, selon une information de TechCrunch datée du 15 juillet. En coulisses, le groupe redirige déjà une partie du trafic d’Excel et d’Outlook vers sa famille de modèles MAI, présentée en juin.
Points clés
- Microsoft redirige des dizaines de milliers de requêtes hebdomadaires d’Excel et Outlook vers ses modèles maison MAI.
- Les commerciaux doivent présenter les MAI comme moins chers qu’OpenAI et Anthropic.
- Mustafa Suleyman vise à réduire puis éliminer le coût payé à Anthropic.
- Frontier Company, dotée de 2,5 milliards de dollars, aide les clients à intégrer des outils d’IA.
Les modèles MAI s’invitent dans Excel et Outlook
Pas question pour autant d’enterrer OpenAI ou Anthropic. Microsoft continue d’exploiter leurs modèles dans une partie de ses services. Mais l’objectif est limpide : réduire la dépendance aux API externes pour les usages de masse. Bloomberg indiquait le 7 juillet que des dizaines de milliers de requêtes hebdomadaires dans Excel et Outlook passaient désormais par les modèles internes de la firme.
Au Build 2026, Microsoft avait dévoilé sept modèles MAI : un modèle de raisonnement, un assistant de code, plus des modèles d’image, de transcription et de voix. Tous présentés comme taillés pour faire baisser le coût d’inférence sur des tâches ciblées. Le message n’a rien de subtil. Mustafa Suleyman, patron de Microsoft AI, résume l’objectif à propos d’Anthropic : « Nous payons beaucoup d’argent à Anthropic, donc notre but est de réduire et à terme d’éliminer ce coût. »
Un argumentaire de vente calibré sur la facture
La consigne aux équipes commerciales colle à cette logique : pousser les modèles maison comme l’option la moins onéreuse face à des concurrents jugés trop chers. Microsoft y ajoute une posture d’arbitre. Le 2 juillet, le groupe a lancé Frontier Company, une structure dotée de 2,5 milliards de dollars pour aider les clients à choisir et intégrer des outils d’IA, y compris ceux d’autres fournisseurs.
Position confortable : Microsoft vend à la fois du cloud, des outils de productivité et ses propres modèles, tout en gardant la main pour basculer certaines charges vers MAI dès que le coût ou la performance l’exige. Les sorties récentes de Satya Nadella sur le danger de l’enfermement chez un fournisseur unique servent le même récit.
La fin de l’alignement automatique avec OpenAI
Le virage tranche avec des années de discours où OpenAI trônait au cœur de la stratégie Copilot. L’équation économique a changé avec l’explosion des volumes et la maturité des modèles internes. TechCrunch rapportait le 7 juillet que Microsoft utilisait déjà ses modèles pour une partie des prompts d’Excel et d’Outlook, l’entreprise se contentant de dire qu’elle n’avait « rien de plus à partager ».
À ce stade, les faits décrivent un rééquilibrage plus qu’une rupture. Microsoft continue de travailler avec OpenAI et Anthropic, mais positionne ses MAI comme des alternatives internes pour les tâches répétitives. Le pitch tient en trois mots pour les vendeurs : moins de dépendance, moins de coût, plus de contrôle. Traduction pour les fournisseurs qui facturaient jusqu’ici : la lune de miel a une clause de résiliation.