Aux États-Unis, la batterie de garage devient un actif de réseau. Les installations de batteries domestiques ont atteint un niveau inédit outre-Atlantique au début de 2026. Et ces batteries ne se contentent plus de faire l’appoint pour les foyers équipés de solaire : elles s’invitent désormais dans les débats sur la flexibilité du réseau et l’alimentation vorace des data centers dédiés à l’IA.
Points clés
- 673 MW de batteries domestiques installées au premier trimestre 2026 aux États-Unis, un record selon l’EIA
- 45 % des nouvelles installations solaires résidentielles couplées à une batterie
- La fin du crédit d’impôt Section 25D a accéléré les chantiers et gonflé les volumes
- L’EIA prévoit 24 GW de batteries de réseau ajoutés en 2026, Texas, Californie et Arizona en tête
Un premier trimestre porté par le solaire résidentiel
Au premier trimestre 2026, les ménages américains ont installé 673 mégawatts de batteries domestiques, un record selon les données de l’U.S. Energy Information Administration. En élargissant la focale, Wood Mackenzie et l’American Clean Power Association situent l’ensemble du stockage batterie à 3,3 GW et 8,4 GWh sur le trimestre, là aussi un plus haut pour un début d’année.
Le résidentiel a pesé lourd dans cette dynamique, avec 1,3 GWh de stockage sur le trimestre, en hausse de 86 % sur un an. Mieux : 45 % des nouvelles installations solaires résidentielles ont été couplées à une batterie, un record selon SEIA et Wood Mackenzie.
La poussée doit beaucoup au calendrier fiscal. Plusieurs chantiers lancés fin 2025 ont été bouclés en urgence avant l’extinction du crédit d’impôt fédéral Section 25D visant les systèmes achetés par les propriétaires. Résultat : des volumes gonflés livrés au premier trimestre 2026. La chasse à la ristourne fait de bons chiffres.
Des batteries de garage au service du réseau
Ces volumes intéressent aussi les gestionnaires de réseau. Aux États-Unis, les batteries résidentielles peuvent être agrégées en virtual power plants (centrales électriques virtuelles) pour injecter de la puissance lors des pics de demande. Sunrun communique déjà sur ce type de programmes, le stockage distribué étant présenté comme un moyen de lisser les besoins du réseau sans attendre de nouvelles centrales.
La logique s’étend aux gros consommateurs. La consommation électrique liée à l’IA affole les prévisions et pousse les opérateurs à chercher des ressources pilotables mobilisables vite. La batterie domestique devient alors un actif flexible : on la charge quand le courant est bon marché, on restitue lors des pointes. Le rapport de l’EIA publié en juin 2026 prévoit par ailleurs 24 GW de batteries de stockage à l’échelle du réseau cette année, Texas, Californie et Arizona en tête.
Une croissance inégale selon les segments
Le tableau reste contrasté. SEIA et Wood Mackenzie anticipent un recul du solaire résidentiel sur l’ensemble de 2026 une fois passé le pic lié à la fin du crédit d’impôt, et le stockage résidentiel pourrait marquer le pas après ce rattrapage. Bref, l’euphorie du trimestre ressemble surtout à un dernier tour de piste fiscal.
- 673 MW de batteries domestiques installées au premier trimestre 2026, selon l’EIA.
- 1,3 GWh de stockage résidentiel sur le trimestre, en hausse de 86 % sur un an, selon Wood Mackenzie et l’ACP.
- 45 % des nouvelles installations solaires résidentielles couplées à une batterie, un record selon SEIA.
- 24 GW de batteries de réseau attendus en 2026, selon l’EIA.
Les États à tarifs élevés, à coupures fréquentes ou dotés d’incitations locales généreuses, comme la Californie et Hawaï, ont tiré les volumes. Le Texas et l’Arizona ont aussi progressé nettement. Une carte qui rappelle que la batterie domestique reste d’abord un pari économique local avant d’être un choix écologique.