L’IA fait la fête pendant que le Bitcoin fait la gueule. Après six mois de records pour les valeurs liées à l’intelligence artificielle et un Bitcoin resté sur le carreau, plusieurs analystes prédisent une fin d’année plus chaotique pour les deux camps. Le décor ne tient plus seulement à la mode boursière du moment : politique monétaire, flux ETF, liquidité et structure du marché crypto entrent tous dans l’équation.
Points clés
- Les capitaux se concentrent sur les valeurs IA au détriment du Bitcoin, dont le coût d’opportunité reste élevé
- Sorties persistantes des ETF Bitcoin au comptant en juin et « surplomb d’offre » de plusieurs milliards lié aux rachats
- Fed, dollar et projet de loi CLARITY Act deviennent les facteurs décisifs du second semestre
- Seuils techniques surveillés : 60 000 dollars et moyenne mobile à 200 jours
Le Bitcoin puni par les sorties et le coût d’opportunité
Le portrait dressé par les observateurs est celui d’un actif qui a perdu son souffle face aux actions américaines gavées à l’IA. D’après les éléments repris par CoinDesk, les capitaux continuent de se concentrer sur les mégacapitalisations technologiques et les infrastructures d’IA, au détriment du Bitcoin. L’argument tourne en boucle : tant que les actions IA dominent, détenir un actif sans rendement comme le Bitcoin coûte cher en opportunités manquées.
La pression se lit aussi dans les produits cotés. Des sources de marché ont fait état de sorties persistantes des ETF Bitcoin au comptant en juin, après les entrées massives de fin 2024 et début 2025. CoinDesk évoque également un « surplomb d’offre » de plusieurs milliards de dollars lié aux rachats, avec des émetteurs contraints de vendre du Bitcoin pour honorer les remboursements.
Plusieurs repères techniques restent surveillés à la loupe : le seuil des 60 000 dollars, la moyenne mobile à 200 jours et les zones de concentration des options de vente. Une rechute sous ces niveaux pourrait rouvrir la porte à des mouvements brutaux, dans un marché déjà fragilisé par les ventes à effet de levier.
Taux, dollar et régulation aux commandes
Pour la suite, la macroéconomie reprend la main. Les marchés scrutent la trajectoire de la Réserve fédérale américaine, l’évolution du dollar et le moindre ajustement des attentes sur les taux. Une politique plus restrictive ou un dollar plus ferme pèse sur les actifs risqués, et le Bitcoin, dont la valorisation dépend des flux entrants, encaisse en première ligne.
Le calendrier réglementaire compte aussi. La presse spécialisée revient régulièrement sur le projet de loi CLARITY Act, qui vise à encadrer la structure du marché des cryptoactifs aux États-Unis. Un texte jugé clé pour les investisseurs institutionnels, même si son passage reste incertain. En parallèle, la faiblesse récente du marché a ravivé l’attention sur les sociétés exposées au Bitcoin, à commencer par Strategy, premier détenteur coté de l’actif.
Sur les actions, le contraste est saisissant. Les indices portés par l’IA enchaînent les records quand le Bitcoin décroche de ses sommets de l’automne 2025. Les analystes n’attendent pas tant une rupture franche qu’une période de forte volatilité, nourrie par les décisions de la Fed, les flux ETF, la position du dollar et la rotation entre tech géante et actifs numériques. La deuxième mi-temps s’annonce nerveuse.