« Bonjour, c’est le support informatique, on a détecté un souci sur votre poste. » La vieille arnaque du faux dépanneur a troqué le téléphone contre Microsoft Teams. Des attaquants passent désormais des appels vocaux en se faisant passer pour le service IT de l’entreprise afin de pousser un logiciel malveillant baptisé EtherRAT, sésame vers le réseau interne.
Points clés
- Des attaquants passent de faux appels vocaux sur Microsoft Teams en se faisant passer pour le support informatique
- Le but est de faire installer par l’employé le malware EtherRAT, un cheval de Troie d’accès distant
- EtherRAT fournit un accès initial au réseau interne de l’entreprise
- L’attaque repose sur l’ingénierie sociale et la confiance, pas sur une faille technique
Le prétexte du support informatique, version 2026
Le mode opératoire mise sur l’urgence et la confiance. L’attaquant contacte un salarié via un appel vocal Teams, endosse le rôle du support corporate et déroule un scénario plausible (incident détecté, mise à jour à installer, vérification à effectuer). L’objectif : convaincre la cible d’installer elle-même le malware, sans passer par la moindre faille technique.
Cette ingénierie sociale contourne l’essentiel des défenses périmétriques. Pas d’exploit exotique ni de vulnérabilité zero-day à la clé, juste un employé bien intentionné qui clique là où on le lui demande. Le maillon faible reste, comme souvent, humain.
EtherRAT, cheval de Troie pour accès initial
Une fois installé, EtherRAT (un cheval de Troie d’accès distant, ou RAT) offre aux attaquants un point d’entrée sur le réseau de l’entreprise. Ce type d’accès initial sert habituellement de rampe de lancement : reconnaissance interne, déplacement latéral, exfiltration de données ou déploiement d’un rançongiciel derrière.
Le choix de Microsoft Teams n’a rien d’anodin. La plateforme est intégrée au quotidien de millions de salariés, et un appel entrant y inspire davantage confiance qu’un mail douteux ou un coup de fil sur une ligne fixe. Les attaquants exploitent cette légitimité perçue de l’outil professionnel.
La confiance comme surface d’attaque
La parade tient moins de la technique que de la culture d’entreprise. Un vrai service IT ne débarque pas à l’improviste pour vous faire installer un exécutable au téléphone. En cas de doute, raccrocher et rappeler le support par un canal officiel coûte quelques minutes. Céder à l’urgence peut coûter tout un réseau.