Une partie de l’argent de l’IA file vers un petit groupe de fabricants de mémoire, pendant que le reste de la chaîne encaisse la note. Depuis plusieurs semaines, les résultats et les annonces de capacité s’enchaînent chez les producteurs de DRAM et de HBM, la mémoire à haute bande passante (High Bandwidth Memory) utilisée dans les puces d’IA.
Micron, Samsung et SK hynix publient des chiffres dopés par la demande des centres de données. Micron a affiché un troisième trimestre fiscal 2026 à 41,46 milliards de dollars de chiffre d’affaires, en hausse de 350 % sur un an, pour 28,2 milliards de dollars de bénéfice net. En parallèle, le marché se prépare à la montée en puissance de la HBM4, génération suivante destinée aux accélérateurs IA de Nvidia et d’autres clients.
Points clés
- Micron a réalisé 41,46 milliards de dollars de chiffre d’affaires au T3 fiscal 2026, en hausse de 350 % sur un an
- SK hynix capterait 60 % à 70 % de l’approvisionnement HBM4 pour la plateforme Nvidia Vera Rubin
- Les stocks de HBM de Micron sont déjà vendus pour le reste de 2026
- La pénurie de mémoire fait grimper les prix jusqu’aux acheteurs de matériel grand public
Micron, Samsung et SK hynix captent la hausse
Les chiffres autour de Micron donnent l’ampleur du mouvement. L’entreprise dit avoir dépassé nettement les attentes du marché, avec une marge brute record. Ses stocks de HBM sont déjà vendus pour le reste de 2026, selon les comptes rendus de résultats.
En Corée du Sud, SK hynix et Samsung avancent à vive allure. SK hynix a annoncé avoir expédié des échantillons de ses dernières puces HBM à de grands clients. Plus tôt ce mois-ci, Jensen Huang, patron de Nvidia, a confirmé que Samsung Electronics, SK hynix et Micron avaient tous obtenu la certification pour fournir de la HBM4 à la future plateforme d’accélérateurs Vera Rubin.
Les estimations de répartition publiées par la presse spécialisée donnent un avantage à SK hynix sur cette génération. Sa part est évaluée autour de 60 % à 70 % pour l’approvisionnement HBM4 lié à Vera Rubin, contre environ 25 % à 30 % pour Samsung et le reste pour Micron. Nvidia n’a pas communiqué de volume officiel.
La mémoire, goulet d’étranglement rentable
Le resserrement ne touche pas que les fournisseurs de puces. Les hausses de prix de la mémoire frappent aussi les fabricants d’ordinateurs, les assembleurs et, au bout de la chaîne, les acheteurs de matériel grand public. Plusieurs analyses décrivent une pression durable sur l’offre de HBM et de DRAM, les centres de données absorbant une part croissante des capacités de production.
Dans un commentaire relayé par le Wall Street Journal, la situation est résumée comme un transfert de cash « des fournisseurs d’IA (et, peut-être un jour, des utilisateurs d’IA) vers les fabricants de puces mémoire ». Le titre SK hynix a fortement progressé sur un an, comme ceux des autres acteurs de la mémoire.
Les fabricants préparent déjà l’étape suivante. Samsung a commencé à produire de la HBM4 en volume et SK hynix a engagé des travaux de co-développement avec Nvidia pour les prochaines générations. Les contrats de long terme publiés par les groupes confirment surtout que la mémoire reste l’un des goulets d’étranglement les plus rentables de la vague IA.