Une rumeur infondée circule ces derniers jours sur les réseaux sociaux : Kamala Harris aurait prévu de nommer Gary Gensler, l’actuel président de la Securities and Exchange Commission (SEC), en tant que Secrétaire du Trésor si elle était élue présidente. Mais cette information ne repose sur aucun élément tangible. Décryptage d’une polémique qui en dit long sur la place grandissante des cryptomonnaies dans le débat politique américain.
Une campagne de dénigrement bien orchestrée
L’origine de cette rumeur est pour le moins douteuse. La source, le « Washington Reporter« , n’est en réalité pas un véritable média, mais un site web géré par un candidat républicain au Congrès. Selon le journaliste David Morris, il ne s’agirait ni plus ni moins que d’une manœuvre politique visant à semer le trouble chez les électeurs.
Et pour cause : Kamala Harris n’a jusqu’à présent fait aucune mention des cryptomonnaies et de la blockchain dans son programme de campagne, et c’est d’ailleurs ce qui sème le trouble. Bien que son équipe ait rencontré certains acteurs du secteur, la candidate démocrate ne semble pas vouloir s’aventurer sur ce terrain, préférant se concentrer sur d’autres sujets.
L’avenir incertain de Gary Gensler à la tête de la SEC
Cette fausse information soulève néanmoins la question de l’avenir de Gary Gensler à la tête de la SEC. Donald Trump, qui s’est fait le chantre des cryptomonnaies, a ouvertement appelé à « virer » l’actuel président du gendarme financier américain. Tyler Winklevoss, le cofondateur de Gemini et soutien du candidat républicain, a même exhorté Kamala Harris à clarifier sa position concernant Gensler et la SEC.
Historiquement, les dirigeants de la SEC ont tendance à quitter leurs fonctions lorsqu’une nouvelle administration prend les rênes du pays. Gensler, bien qu’affilié au camp démocrate, occupe une fonction qui le place théoriquement au-dessus des logiques partisanes. Mais sa gestion controversée du dossier des cryptomonnaies pourrait jouer en sa défaveur.
La crypto : un enjeu politique croissant
Si cette rumeur s’est propagée si rapidement et si bruyament, c’est qu’elle touche à un sujet brûlant : la place des cryptomonnaies dans la campagne présidentielle américaine. Les positions des candidats sur cette question deviennent un enjeu de plus en plus important pour les électeurs et les acteurs du secteur.
La SEC sous la direction de Gensler, a adopté une approche particulièrement stricte envers l’industrie crypto ces derniers mois. Certains observateurs spéculent sur un possible assouplissement de cette politique à l’approche des élections, notamment avec l’examen d’ETF Ethereum. Le timing de certaines annonces récentes soulève des questions sur l’influence du contexte électoral dans les décisions du régulateur.
Par ailleurs, un projet de loi majeur sur la régulation des cryptomonnaies, le FIT21, est actuellement en attente de vote. La position des démocrates sur ce texte pourrait être un indicateur de leur approche future envers le secteur.
En définitive, bien que la rumeur concernant la nomination de Gensler soit infondée, elle illustre l’importance croissante des cryptomonnaies dans le débat politique américain. Les candidats devront inévitablement préciser leurs positions sur ce sujet, qui pourrait bien influencer le vote de nombreux électeurs passionnés par la blockchain et ses applications.