Payé pour défendre les victimes, il renseignait les bourreaux. Angelo Martino, ancien négociateur de rançongiciels, vient d’écoper de 70 mois de prison pour avoir transmis aux opérateurs de BlackCat les données de négociation de ses propres clients. Un pompier pyromane version cybersécurité.
Points clés
- Angelo Martino, ancien négociateur de ransomware, est condamné à 70 mois de prison
- Il transmettait aux opérateurs de BlackCat (ALPHV) les données de négociation de ses propres clients victimes
- Ces fuites permettaient aux attaquants de gonfler les montants extorqués
Le loup dans la bergerie
Le métier de négociateur en ransomware consiste, en théorie, à protéger les entreprises prises en otage numérique : évaluer la crédibilité des attaquants, temporiser, faire baisser la note. Martino, lui, faisait fuiter les informations sensibles vers le camp d’en face. Marge de manœuvre des victimes, seuil de paiement toléré, degré de panique : autant de renseignements précieux glissés aux extorqueurs de BlackCat (aussi connu sous le nom d’ALPHV), l’un des cartels de rançongiciels les plus actifs de ces dernières années.
La confiance monnayée
Résultat : les opérateurs négociaient en connaissant les cartes de l’adversaire, gonflant les montants extorqués. La justice a retenu la complicité d’extorsion, sanctionnée par une peine de 70 mois de prison, soit près de six ans. Le préjudice ne se limite pas aux victimes lésées : c’est toute la crédibilité d’une profession bâtie sur la confidentialité qui prend un coup.
Dans un secteur où l’on répète que le maillon faible est souvent humain, difficile de trouver meilleure illustration. Reste que la prochaine victime qui embauchera un négociateur y regardera à deux fois avant de tout déballer.