Quand l’espion devient hacker, il le met désormais noir sur blanc. Le Centre de la sécurité des télécommunications (CSE), l’agence canadienne chargée du renseignement électronique, a reconnu dans son rapport annuel avoir mené des opérations offensives contre des narcotrafiquants, des groupes extrémistes et un gang de rançongiciels au cours de l’année écoulée.
Points clés
- Le CSE canadien reconnaît avoir mené des opérations de piratage offensives durant l’année écoulée
- Les cibles : narcotrafiquants, groupes extrémistes et un gang de rançongiciels
- Ces menaces figurent parmi les priorités de l’alliance Five Eyes dont le Canada est membre
Des opérations offensives sorties de l’ombre
Longtemps, ce genre d’activité restait tapi dans le non-dit. Le CSE choisit cette fois d’en faire état publiquement, énumérant des cibles qui ressemblent à un catalogue des menaces sécuritaires du moment : réseaux de trafic de drogue, mouvances extrémistes et cybercriminels spécialisés dans le chiffrement de données contre rançon.
Ces opérations dites de cyberopérations actives permettent à une agence de renseignement d’aller au-delà de la simple écoute. Concrètement, il s’agit de perturber, désactiver ou infiltrer les infrastructures d’un adversaire plutôt que de se contenter de les surveiller.
Un signal envoyé aux alliés (et aux cibles)
Le Canada partage ses renseignements avec les quatre autres membres de l’alliance Five Eyes : États-Unis, Royaume-Uni, Australie et Nouvelle-Zélande. Les menaces citées par le CSE, du trafic de stupéfiants aux gangs de rançongiciels, figurent en bonne place sur la liste des préoccupations de ce club très fermé du renseignement anglo-saxon.
Reconnaître publiquement ces piratages n’a rien d’anodin. C’est à la fois une manière d’afficher une capacité offensive et un avertissement adressé à celles et ceux qui s’imaginaient hors de portée derrière leurs serveurs. Le message est limpide : l’agence ne se contente plus d’écouter aux portes, elle sait aussi les forcer.