Quatre arrestations, 170 smartphones et 15 ordinateurs saisis, et un trou de 140 millions d’euros creusé à coups de faux placements et d’emails piégés. La police nationale espagnole a annoncé le démantèlement d’une organisation criminelle spécialisée dans la fraude en ligne et le blanchiment d’argent. Le butin présumé atteint 140 millions d’euros, amassés via des escroqueries à l’investissement et des attaques de type business email compromise (BEC), la fameuse fraude au faux ordre de virement.
L’opération a ratissé large. Quatre personnes ont été arrêtées en Espagne, au Portugal et au Panama. Les enquêteurs ont saisi plus de 170 smartphones et 15 ordinateurs, et gelé 3 millions d’euros de fonds frauduleux destinés à être rendus aux victimes.
Points clés
- Réseau criminel démantelé en Espagne, au Portugal et au Panama, avec quatre arrestations
- Préjudice estimé à 140 millions d’euros via fraudes à l’investissement et attaques BEC
- Saisie de 170 smartphones et 15 ordinateurs, 3 millions d’euros gelés pour les victimes
- Opération épaulée par Europol et Interpol, 67 prête-noms étrangers identifiés
Des faux placements aux emails détournés
Le mode opératoire empile les classiques du genre. Fausses plateformes d’investissement, fraude au président (un escroc se fait passer pour un dirigeant pour ordonner un virement) et techniques de type man-in-the-middle, où les échanges entre deux parties sont interceptés puis trafiqués avant d’atterrir chez le bon destinataire.
Les enquêteurs ont aussi identifié 67 prête-noms étrangers. Les flux financiers retracés grimpent à 94 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 61 millions détournés en 2024 via la fraude au président. Le compte tombe juste sur le total annoncé de 140 millions d’euros.
Une chasse transfrontalière
Les interpellations ont été menées dans le cadre d’une opération internationale épaulée par Europol et Interpol. Les autorités espagnoles décrivent une structure articulée autour de plusieurs centres névralgiques, dont les gestionnaires figurent parmi les personnes arrêtées.
Les éléments publics ne précisent ni les chefs d’inculpation exacts ni le calendrier judiciaire. Les saisies matérielles et le gel partiel des avoirs donnent tout de même la mesure d’un dossier qui déborde largement l’escroquerie de quartier.
La BEC, machine à cash bien huilée
La fraude BEC reste l’un des filons les plus juteux pour les groupes qui visent les entreprises. Ici, fausses opportunités d’investissement, manipulation d’emails et blanchiment piloté à l’international se combinent dans une répartition des rôles bien nette : collecte des fonds, transferts, prête-noms et stockage technique des données. Chacun sa case.
Bémol pour les victimes : les 3 millions d’euros gelés pèsent peu face au préjudice total, et les autorités n’ont pour l’heure communiqué aucun bilan définitif sur les sommes récupérables.