Après avoir fait tourner ses hélices au-dessus de l’Irlande, la startup Manna traverse l’Atlantique pour livrer des burritos par les airs. L’entreprise de livraison par drone autonome installe un centre d’opérations et de fabrication à Tulsa, dans l’Oklahoma, avec l’ambition d’y employer à terme 1 000 personnes.
Points clés
- Manna installe un site d’opérations et de fabrication à Tulsa, dans l’Oklahoma
- L’entreprise vise à terme la création de 1 000 emplois sur place
- La livraison par drone reste conditionnée aux autorisations de la FAA aux États-Unis
Un pied industriel sur le sol américain
Le choix de Tulsa n’a rien d’anodin. La ville s’est offert une réputation de laboratoire pour la mobilité aérienne à basse altitude, terrain de jeu idéal pour une flotte de drones censés déposer des colis directement dans les jardins. Manna y regroupe production et opérations, histoire de ne plus dépendre uniquement de ses installations européennes.
L’objectif affiché de 1 000 emplois ne se matérialisera pas du jour au lendemain. Il s’agit d’une cible à long terme, le genre de chiffre qui accompagne volontiers les annonces d’implantation et les négociations d’incitations locales.
La livraison par drone, entre promesse et régulation
Le concept de Manna reste simple sur le papier : commander un repas ou de petits articles, puis les recevoir en quelques minutes par voie aérienne au lieu d’un scooter coincé dans les embouteillages. La réalité, elle, se heurte au mur habituel du secteur : l’espace aérien américain est un dossier fédéral, et la FAA ne distribue pas ses autorisations comme des flyers.
Passer à l’échelle aux États-Unis suppose donc de conjuguer capacité industrielle et feu vert réglementaire. Manna rejoint un club déjà occupé par des acteurs comme Wing (Alphabet) ou Zipline, qui bataillent depuis des années pour transformer la livraison par drone en service du quotidien plutôt qu’en démonstration technologique.
Pour l’heure, l’entreprise irlandaise mise sur Tulsa comme tête de pont. Reste le plus dur : convaincre que faire voler des colis au-dessus des banlieues est aussi banal qu’un livreur qui sonne à la porte.