Un demi-milliard de dollars pour abattre des engins qui coûtent parfois le prix d’une console de jeu. L’armée américaine vient de confier à AeroVironment un marché-cadre destiné à détecter et neutraliser les drones ennemis, devenus l’épine dorsale (et l’épine tout court) des champs de bataille modernes.
Le contrat attribué à AeroVironment atteint 500 millions de dollars. Il porte sur des capacités de counter-unmanned aerial systems (C-UAS) et de counter-small-unmanned aerial systems (C-sUAS), soit des systèmes conçus pour repérer, suivre et détruire des drones de petite taille. Le marché est un contrat à prix ferme (firm-fixed-price) exécuté par commandes successives plutôt que par un versement unique.
Points clés
- Contrat-cadre de 500 millions de dollars attribué à AeroVironment jusqu’au 29 juin 2029
- Objectif : détecter, suivre et détruire des drones de petite taille (C-UAS et C-sUAS)
- Une première commande de 80,5 millions de dollars est déjà évoquée pour protéger des bases aériennes
- Solutions commerciales prêtes à l’emploi, pas un programme de développement inédit
Un contrat-cadre, pas un chèque en blanc
L’accord court jusqu’au 29 juin 2029. Il a été attribué par l’Army Contracting Command basé à Detroit Arsenal, dans le Michigan. Les lieux d’exécution et les montants précis seront fixés au fil des task orders, selon les besoins du moment.
Publié dans les annonces de contrats du Pentagone le 1er juillet 2026, le marché vise des solutions commerciales prêtes à l’emploi, pas un programme de développement flambant neuf. AeroVironment, dont le siège est à Simi Valley en Californie, fournit déjà des plateformes de détection et d’interception ainsi que des drones d’attaque de type Switchblade.
La logique budgétaire tient en une phrase : un drone bon marché peut forcer l’adversaire à dépenser une fortune pour l’abattre. L’arsenal envisagé mélange capteurs, brouilleurs, armes à énergie dirigée et systèmes cinétiques, capables de traiter aussi bien de petits quadricoptères que des engins plus lourds de type Group 3.
Premières commandes déjà sur la table
Une première commande de 80,5 millions de dollars a déjà été évoquée dans ce cadre, pour la protection de bases aériennes. De quoi confirmer que le contrat-cadre peut se transformer vite en achats concrets, sans repasser par une procédure complète à chaque fois.
AeroVironment joue sur les deux tableaux : ses Switchblade, munitions rôdeuses portables, appartiennent au camp de l’attaque, tandis que ce marché la place du côté du bouclier. La même industrie vend ainsi le glaive et l’écu, une position confortable quand tout le monde s’arme.
Le contrat s’inscrit dans une série d’achats plus larges destinés à équiper rapidement les forces américaines face à des drones bon marché, faciles à produire et pénibles à stopper à grande échelle. Le retour d’expérience ukrainien a montré l’intérêt de solutions plus rapides à commander et moins onéreuses que les missiles traditionnels. Reste que 500 millions de dollars constituent un plafond : les sommes réellement engagées dépendront des commandes passées d’ici 2029.