Débrancher d’abord, poser des questions ensuite. Progress Software a demandé aux clients de ShareFile de mettre hors tension leurs Storage Zone Controllers, le temps d’enquêter sur ce que l’éditeur qualifie de menace de sécurité externe crédible.
Points clés
- Progress ordonne l’arrêt immédiat des Storage Zone Controllers de ShareFile.
- L’éditeur invoque une menace de sécurité externe crédible et enquête.
- ShareFile sert au partage de fichiers d’entreprise, cible sensible.
- Progress avait déjà été frappé par la vague d’attaques MOVEit.
Une consigne radicale : éteindre
La directive est directe et laisse peu de place à l’interprétation. Les Storage Zone Controllers, composants qui gèrent l’emplacement et l’accès aux fichiers stockés dans ShareFile, doivent être arrêtés sans attendre. Progress évoque une menace externe crédible, formulation prudente qui indique un risque suffisamment sérieux pour justifier une coupure préventive plutôt qu’un simple correctif poussé en catimini.
ShareFile, une cible de choix
ShareFile est une plateforme de partage et de stockage de fichiers utilisée par de nombreuses entreprises pour échanger des documents sensibles. Autrement dit, un coffre numérique dont le contenu intéresse autant les clients légitimes que les intrus. Couper les contrôleurs neutralise l’accès aux données le temps de comprendre l’ampleur du problème, au prix d’une interruption de service assumée.
Progress n’est pas un inconnu du registre des incidents. L’éditeur avait déjà été au cœur de la vague d’attaques massives visant son logiciel de transfert de fichiers MOVEit, exploité à grande échelle par des groupes de rançongiciel. Prier ses clients d’éteindre eux-mêmes leur infrastructure reste une mesure inhabituelle, réservée aux situations où l’urgence prime sur la continuité de service.
Que faire en attendant
Pour les administrateurs concernés, la marche à suivre tient en peu de mots : appliquer la consigne d’arrêt, surveiller les communications officielles de Progress et guetter le correctif ou les indicateurs de compromission qui devraient suivre. En matière de menace crédible, mieux vaut un service à l’arrêt qu’une porte ouverte.