Le mariage à 110 milliards de dollars entre Paramount Skydance et Warner Bros Discovery vient de trouver douze grains de sable dans les rouages. Une coalition d’États américains a lancé une procédure judiciaire pour bloquer l’acquisition, invoquant les risques pesant sur les salles de cinéma, les distributeurs de câble de base et le public.
Points clés
- Douze États américains, menés par la Californie, engagent une procédure antitrust contre le rachat de Warner Bros Discovery par Paramount Skydance.
- L’opération est estimée à 110 milliards de dollars ; les plaignants craignent pour les salles de cinéma, le câble de base et le public.
- Le département de la Justice a validé l’accord en juin, mais l’UE et le Royaume-Uni examinent encore le dossier.
- Paramount a proposé des remèdes à la Commission européenne pour décrocher son feu vert.
Douze États passent à l’offensive
La Californie mène la charge, son procureur général Rob Bonta en tête, épaulée par d’autres États déjà remontés sur le dossier. Leur thèse : l’opération raboterait la concurrence dans le divertissement, terrain où Paramount et Warner Bros Discovery jouent déjà dans la cour des grands aux États-Unis.
La transaction annoncée à 110 milliards de dollars ferait passer Warner Bros Discovery sous le pavillon de Paramount Skydance. Quelques jours plus tôt, la Californie, New York et d’autres États se préparaient déjà à dégainer une action en justice, dont la finalisation était imminente.
La concurrence et les circuits de diffusion dans le viseur
Les plaignants pointent trois maillons en particulier : les salles de cinéma, les opérateurs de câble de base et les spectateurs. Selon eux, la fusion ferait monter la pression sur toute la chaîne audiovisuelle.
Le calendrier réglementaire n’arrange rien. Le département américain de la Justice a validé l’opération en juin, mais ce feu vert fédéral ne muselle pas les États, libres de lancer leur propre offensive antitrust. Pendant ce temps, le Royaume-Uni et l’Union européenne épluchent toujours le dossier. Bref, plusieurs fronts restent ouverts pour Paramount Skydance.
Un deal déjà sous pression réglementaire
Avec ses 110 milliards de dollars, l’acquisition figure parmi les plus lourdes du secteur des médias. Pour amadouer Bruxelles, Paramount a proposé des remèdes à la Commission européenne. Londres, de son côté, scrute l’impact potentiel sur l’information, les programmes pour enfants et les services de streaming.
L’Oregon avait réclamé un délai judiciaire de 60 jours avant la prise de contrôle, avant de retirer sa demande. La chorégraphie sent la manœuvre coordonnée entre États, alors que Paramount voudrait boucler l’affaire au plus vite. Le grand écran hollywoodien se joue désormais dans les prétoires.