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TrojPix : exfiltrer des données d’un système isolé via les câbles vidéo

Isoler physiquement une machine du réseau était censé la mettre à l’abri. TrojPix vient rappeler que même un simple câble vidéo peut se transformer en émetteur radio clandestin. La technique modules imperceptiblement les pixels affichés à l’écran pour que le câble en cuivre reliant la carte graphique au moniteur rayonne des données, captées ensuite par un récepteur radio placé à proximité.

Points clés

  • TrojPix module imperceptiblement les pixels pour faire rayonner les données via le câble vidéo en cuivre
  • Débit mesuré de 8,1 Mbit/s en laboratoire avec un récepteur radio à proximité
  • L’attaque exige un malware déjà présent sur la machine isolée et un récepteur à portée

Le câble vidéo comme antenne pirate

Le principe des attaques dites « air-gap » consiste à faire fuiter des informations d’un ordinateur coupé de tout réseau, réputé inviolable. TrojPix s’attaque au câble qui relie le GPU à l’écran : en variant très légèrement la luminosité de certains pixels, un logiciel malveillant force le câble à émettre un signal électromagnétique modulé. Ces émissions parasites, indétectables à l’œil et normalement considérées comme du bruit, deviennent un canal de transmission.

En laboratoire, la méthode a atteint un débit de 8,1 Mbit/s avec un récepteur radio positionné à courte distance. Un chiffre confortable pour ce type de canal caché, largement suffisant pour siphonner discrètement des clés de chiffrement, des mots de passe ou de petits fichiers sensibles.

Une menace réelle mais conditionnée

Comme toujours avec ces attaques, il y a un « mais » de taille. Il faut d’abord qu’un malware ait déjà infecté la machine isolée, ce qui suppose un accès physique préalable ou une chaîne d’approvisionnement compromise. Il faut ensuite un récepteur radio à portée. Autrement dit, ce n’est pas le genre de piège qui se déclenche depuis l’autre bout de la planète.

Cela reste un rappel utile pour les environnements ultra-sensibles (défense, infrastructures critiques, laboratoires) : le blindage électromagnétique, le contrôle strict des périphériques et la surveillance des zones physiques valent mieux qu’une confiance aveugle dans l’isolement réseau. Le vieux réflexe du « pas de câble réseau, donc pas de fuite » vient de prendre un sérieux coup de vieux.

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