Le négociateur censé vous sortir d’une attaque par rançongiciel jouait parfois dans l’autre équipe. En Floride, un spécialiste de la négociation de rançons vient d’être condamné pour avoir prêté main-forte à un groupe de hackers afin d’extorquer des entreprises américaines et de les pousser à payer.
Points clés
- Un négociateur basé en Floride a été condamné pour complicité d’extorsion via rançongiciel.
- C’est le troisième négociateur emprisonné pour ce type de collusion avec un groupe de hackers.
- L’affaire souligne les zones grises du métier de négociateur de rançons face aux victimes.
Le loup dans la bergerie
Sur le papier, un négociateur de rançongiciels est censé défendre les victimes : évaluer la demande, temporiser, tenter de faire baisser la note face à des maîtres chanteurs qui chiffrent les données puis réclament un virement. Dans les faits, celui-ci travaillait aussi pour le camp d’en face, en aidant un groupe de rançongiciels bien connu à faire craquer ses cibles.
Il s’agit du troisième négociateur envoyé derrière les barreaux pour ce type de collusion. De quoi rappeler que le secteur de la réponse aux incidents, censé être le rempart des entreprises, n’est pas à l’abri de quelques brebis galeuses prêtes à monnayer leur position des deux côtés de la rançon.
Un modèle économique déjà trouble
Le métier de négociateur de rançons vit d’une ambiguïté permanente : facturer une prestation pour discuter avec des criminels, tout en laissant parfois entendre aux victimes que payer reste la solution la plus simple. Quand le même intermédiaire touche aussi sa part du côté des attaquants, l’incitation à conseiller le paiement n’a plus rien de désintéressé.
Les autorités américaines multiplient les poursuites pour tarir ce genre de circuit, où la frontière entre l’assistance aux victimes et la complicité d’extorsion devient poreuse. La leçon pour les entreprises : vérifier à qui l’on confie les clés de sa négociation vaut mieux qu’une confiance aveugle envers le premier expert venu.