Dix millions de dollars, payables en information. Le département d’État américain offre cette somme pour mettre la main sur le groupe derrière une série d’attaques visant Signal et WhatsApp, une opération attribuée à deux entités liées à l’État russe. Le chiffrement de bout en bout, lui, n’a pas bronché : ce sont les utilisateurs qu’on a piégés.
Points clés
- Washington offre 10 millions de dollars pour identifier le groupe derrière les attaques sur Signal et WhatsApp.
- La campagne, active depuis au moins mars, est attribuée à deux groupes liés à l’État russe.
- Les attaques reposent sur l’hameçonnage et la prise de contrôle de comptes, pas sur une faille du chiffrement.
- WhatsApp a bloqué début juin une campagne de spear phishing liée à NSO Group.
Une prime contre des acteurs liés à l’État russe
L’annonce américaine place la barre à 10 millions de dollars pour toute information exploitable sur les personnes derrière la campagne. Le message est limpide : Washington range l’affaire dans la case menace étatique, pas dans celle de la cybercriminalité opportuniste.
La source évoque deux groupes russes liés à l’État, sans identification publique précise. Prudence donc sur ce point. Les attaques sont décrites comme en cours depuis au moins mars, soit une opération de longue haleine plutôt qu’une poignée d’incidents isolés.
Hameçonnage et prise de contrôle, pas de faille dans le chiffrement
Les campagnes contre Signal et WhatsApp reposent sur du social engineering, pas sur une brèche dans le chiffrement. Faux messages, fausses demandes de support et liens piégés poussent les victimes à livrer des codes, des jetons de connexion ou à associer un appareil sous contrôle adverse. La serrure tient, on convainc juste la cible de tendre la clé.
Le 8 juin, WhatsApp a annoncé avoir détecté et bloqué une nouvelle campagne de spear phishing liée à NSO Group, avec des liens malveillants vers des sites externes et des comptes de test créés sur la plateforme. De son côté, Signal a averti début juin que des attaquants se faisaient passer pour son support afin d’obtenir clés de récupération et identifiants d’accès.
Des médias spécialisés ont aussi rapporté que des cyberacteurs associés aux services de renseignement russes visaient Signal et WhatsApp, en particulier les comptes de personnes exposées à des informations sensibles. Les autorités américaines ont publié plusieurs alertes sur ces campagnes.
Une cible récurrente
Les messageries chiffrées sont devenues un terrain de chasse régulier pour l’espionnage et l’influence. Les attaques ne cherchent pas à casser le protocole. Elles s’en prennent à l’utilisateur, à son code de vérification, à ses appareils liés et à sa vigilance face à un faux message de support. Le maillon faible n’a jamais été mathématique : il est humain. Pour Washington, les 10 millions servent autant d’appât à informateurs que de coup de projecteur sur les auteurs et leurs facilitateurs.