La firme de Cupertino n’aime pas qu’on fouille dans ses tiroirs. Apple a déposé plainte devant un tribunal fédéral de Californie contre OpenAI, qu’elle accuse d’avoir orchestré l’accès à des informations confidentielles sur ses produits et ses procédés de fabrication. Deux anciens salariés sont également visés, dont un ingénieur soupçonné d’avoir exploité une faille pour siphonner des fichiers internes.
Apple affirme qu’OpenAI a cherché à récupérer des secrets commerciaux auprès de ses employés, actuels et anciens, pile au moment où la société de Sam Altman se lance dans le matériel. OpenAI rejette les accusations.
Points clés
- Apple accuse OpenAI d’appropriation de secrets commerciaux devant un tribunal fédéral de Californie
- Deux ex-salariés visés, dont un ingénieur soupçonné d’avoir exploité une faille pour télécharger des fichiers confidentiels
- Plus de 400 anciens employés d’Apple travaillent aujourd’hui chez OpenAI, en plein virage matériel de la société de Sam Altman
Ce qu’Apple reproche à OpenAI
Déposée dans le district nord de Californie, la plainte prolonge un bras de fer qui couve depuis plusieurs mois. Selon Reuters, Apple dénonce une « appropriation » de secrets commerciaux et dit avoir tenté d’y mettre fin à l’amiable avant de saisir la justice.
Le dossier vise nommément Tang Tan, ancien vice-président du design produit chez Apple devenu responsable matériel chez OpenAI, et Chang Liu, ex-ingénieur système. Apple estime que des salariés d’OpenAI ont encouragé l’échange d’informations confidentielles : produits non annoncés, dessins, composants, procédés de fabrication et détails de la chaîne d’approvisionnement.
La firme réclame des injonctions pour empêcher tout usage, divulgation ou conservation de ces informations, la restitution de son matériel propriétaire, et des dommages et intérêts dont le montant sera fixé au procès.
L’ingénieur accusé d’avoir profité d’un bug
Le passage le plus croustillant concerne Chang Liu. D’après Axios et la dépêche Reuters, Apple lui reproche d’avoir gardé son ordinateur portable professionnel après son départ, puis d’avoir déniché une faille d’authentification lui laissant encore accès au stockage interne dans le cloud. Il aurait ainsi téléchargé des dizaines de fichiers confidentiels : présentations d’ingénierie, spécifications techniques et données de projets non publiés.
Apple présente cette porte dérobée comme un bug d’authentification exploité après le départ du salarié. La firme affirme aussi que certaines discussions avec un autre employé auraient migré vers une messagerie privée pour échapper à la détection, et que Liu aurait prodigué des conseils pour contourner ses propres contrôles de sécurité.
NBC News évoque, de son côté, plus de 400 anciens salariés d’Apple aujourd’hui chez OpenAI, chiffre repris dans plusieurs articles sur le dossier.
Une affaire plus large qu’un simple laptop égaré
Au-delà du cas Liu, Apple décrit tout un système. Selon les comptes rendus, OpenAI aurait poussé des candidats venus de Cupertino à détailler leurs travaux internes pendant les entretiens, voire à apporter des pièces matérielles pour des séances de « show and tell ». Un recrutement musclé, version démonstration de produits volés.
Apple dit avoir contacté OpenAI en février pour exiger l’arrêt de ces pratiques et la suppression des matériaux concernés, sans réponse. Pour l’heure, tout cela relève des allégations d’Apple. Aucun juge n’a encore tranché, et OpenAI n’a rien reconnu publiquement.