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xAI poursuit un utilisateur de Grok accusé d’avoir généré des images pédopornographiques

Après avoir longtemps nié que son chatbot puisse produire ce type de contenu, xAI change de pied et attaque un utilisateur devant un tribunal fédéral. L’entreprise d’Elon Musk poursuit Terry Wayne Harwood, un homme de Caroline du Sud accusé d’avoir utilisé Grok pour générer des images à caractère sexuel impliquant des mineurs. Selon les éléments rapportés par la presse américaine, xAI affirme qu’il a contourné les garde-fous du système et violé ses conditions d’utilisation.

La procédure tombe au plus mauvais moment pour l’entreprise. Depuis début juillet, une action collective vise déjà xAI et X au sujet d’images sexuelles générées à partir de photos de mineurs. Une plainte amendée y a ajouté de nouvelles plaignantes et des accusations portant sur des milliers d’images produites avec Grok, ce qui fragilise la défense de la société, qui soutenait jusqu’ici que son outil ne servait pas à fabriquer ce type de contenu.

Points clés

  • xAI poursuit Terry Wayne Harwood, accusé d’avoir utilisé Grok pour générer des images sexuelles de mineurs en contournant les garde-fous.
  • L’entreprise réclame des dommages et intérêts et une interdiction permanente d’accès à ses services.
  • Grok fait déjà l’objet d’une action collective évoquant des milliers d’images explicites, dont environ 7 000 issues d’une seule photo.
  • La démarche marque un revirement : xAI ne nie plus la possibilité d’un tel usage, elle attaque l’utilisateur en justice.

Une plainte contre l’utilisateur, pas seulement contre l’outil

La plainte déposée par xAI cible Harwood pour usage abusif de Grok. L’entreprise lui reproche d’avoir utilisé plusieurs comptes, de dissimuler son identité et de relancer ses requêtes jusqu’à contourner les protections intégrées du chatbot. Elle affirme aussi que des images non sexuelles d’adultes et de mineurs ont été téléchargées dans Grok avant d’être transformées en contenus explicites.

Le dossier invoque des violations des conditions de service et réclame des dommages et intérêts non précisés, ainsi qu’une interdiction permanente d’accès à Grok et aux services de xAI. C’est l’un des premiers cas connus où une entreprise d’IA engage directement une action contre un utilisateur pour usage présumé de son modèle dans la création de contenus pédosexuels.

Un contexte judiciaire déjà chargé

La semaine précédente, une plainte collective déposée en Californie accusait xAI d’avoir permis la génération d’images sexuelles à partir de photos de mineures. Une version amendée du dossier cite un cas où le beau-père d’une plaignante aurait utilisé Grok pour produire environ 7 000 images et vidéos explicites à partir d’une seule photo prise quand la jeune fille avait environ 11 ans.

Le même ensemble de procédures alimente une autre ligne de front : celle des signalements aux autorités. xAI a été accusée de n’avoir signalé qu’un seul prompt particulièrement explicite, alors que d’autres requêtes liées au même utilisateur auraient été recensées. Les nouvelles poursuites contre Harwood vont à contre-courant de la posture de déni adoptée jusque-là sur la capacité de Grok à produire du CSAM, l’acronyme anglais de child sexual abuse material (matériel d’abus sexuel sur mineurs).

Ce que xAI cherche à établir

En attaquant Harwood, xAI tente de déplacer le débat vers la responsabilité individuelle de l’utilisateur. L’entreprise soutient, d’après les extraits cités par la presse spécialisée, que l’homme a généré et distribué des images illicites en contournant volontairement les protections. Elle demande au juge de l’empêcher de créer de nouveaux comptes ou d’utiliser Grok à l’avenir.

Harwood avait été arrêté en février en Caroline du Sud pour des faits liés à l’exploitation sexuelle d’enfants. Le dossier civil de xAI n’efface pas les autres contentieux en cours. Il acte surtout un virage stratégique net : l’entreprise ne nie plus qu’un tel usage de Grok soit possible, elle poursuit désormais celui qui l’aurait fait.

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