Quand un fournisseur relève sa guidance pour la deuxième fois de suite, c’est rarement par excès de modestie. ASML, le Néerlandais qui a le monopole des machines de lithographie ultraviolette extrême, a de nouveau revu ses prévisions annuelles à la hausse. Le carburant n’a pas changé : une demande de puces d’IA qui refuse de ralentir.
La révision tombe le jour même de la publication des résultats du deuxième trimestre 2026, ce 15 juillet. Et les chiffres confirment que le marché des graveuses de silicium reste sous tension pendant que les géants des semi-conducteurs empilent les investissements dans l’infrastructure IA.
Points clés
- ASML relève sa guidance 2026 à 36-40 milliards d’euros et vise 51 à 53 % de marge brute
- Chiffre d’affaires T2 2026 de 9,33 milliards d’euros, au-dessus du consensus de 8,80 milliards
- Seul fabricant mondial de machines de lithographie EUV, ASML profite de la ruée sur les puces d’IA
- Les ventes vers la Chine restent bridées par les restrictions à l’export
Une guidance annuelle rehaussée, encore
ASML a porté son objectif de chiffre d’affaires 2026 à une fourchette de 36 à 40 milliards d’euros, contre 34 à 39 milliards auparavant. La marge brute attendue grimpe elle aussi, à 51 % à 53 % contre 50 % à 53 % précédemment.
Le groupe justifie la révision par l’accélération des plans de montée en capacité de ses clients, en particulier sur les usages liés à l’IA. Christophe Fouquet, directeur général d’ASML, avait signalé au premier trimestre que les clients relevaient leurs attentes de demande à court et moyen terme.
« In response, our customers are accelerating their capacity expansion plans for 2026 and beyond. » Christophe Fouquet, directeur général d’ASML.
Pour le deuxième trimestre, la cible affichée tournait autour de 8,4 à 9,0 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une marge brute entre 51 % et 52 %.
L’IA carbure toujours à la lithographie
ASML occupe une place que personne ne peut lui disputer : c’est le seul fabricant au monde de machines de lithographie EUV (extreme ultraviolet), indispensables pour produire les puces les plus avancées. De quoi en faire le fournisseur incontournable des fondeurs et fabricants de mémoire qui gonflent leurs capacités pour les serveurs et accélérateurs d’IA.
Les résultats du trimestre clos au 30 juin confirment la solidité de la demande. Le groupe a publié 9,33 milliards d’euros de chiffre d’affaires, au-dessus du consensus de 8,80 milliards cité par LSEG. Le bénéfice net atteint 2,92 milliards d’euros, contre 2,62 milliards attendus par les analystes.
Le marché absorbe, pour l’instant, la montée des besoins liés aux puces d’IA. La seule ombre au tableau : les ventes vers la Chine, toujours entourées d’incertitudes liées aux restrictions à l’export.
- Chiffre d’affaires T2 2026 : 9,33 milliards d’euros
- Bénéfice net T2 2026 : 2,92 milliards d’euros
- Guidance 2026 : 36 à 40 milliards d’euros
- Marge brute visée : 51 % à 53 %
Veldhoven face à sa propre capacité
Depuis son siège de Veldhoven, aux Pays-Bas, ASML fournit TSMC, Samsung, SK Hynix ou Micron, soit les groupes les plus exposés à la vague d’investissements dans les centres de données et la mémoire pour l’IA. Tous cherchent à ajouter de la capacité pour suivre le rythme.
Le WSJ note qu’ASML relève sa guidance sur une demande d’IA qui ne faiblit pas. Pour les investisseurs, la question a changé de nature. Ce n’est plus de savoir si la demande sera là, mais si l’usine hollandaise saura produire et livrer assez vite pour ne pas devenir elle-même le goulet d’étranglement de la ruée vers l’IA.