Le vendeur marginal de bitcoin a peut-être vidé son chargeur. C’est l’hypothèse qui circule chez plusieurs analystes pendant que le bitcoin encaisse une nouvelle poussée de fièvre entre Washington et Téhéran, tout en voyant les flux revenir, par intermittence, vers les ETF spot américains. Sur les derniers échanges, le cours a mieux digéré la pression géopolitique que lors des accès de panique précédents.
La lecture n’est pas unanime. D’autres voix décrivent un marché encore convalescent, entre prises de bénéfices, flux capricieux et demande institutionnelle qui refuse de se normaliser. Mais un prix maintenu au-dessus de supports clés couplé à des achats nets sur les ETF nourrit l’idée que la vague de ventes forcées s’essouffle.
Points clés
- Le bitcoin s’est maintenu autour de 63 000 à 64 000 dollars malgré l’escalade entre les États-Unis et l’Iran.
- Les ETF spot US ont enregistré 221,7 millions de dollars d’entrées nettes le 2 juillet, après 10 séances de sorties totalisant 2,7 milliards.
- Citi a ramené à zéro son hypothèse de flux nets d’ETF sur 12 mois, contre 10 milliards auparavant.
- Les analystes restent prudents : volumes irréguliers et demande institutionnelle non confirmée.
Un marché qui encaisse mieux le choc géopolitique
Sur le week-end et le début de semaine, le bitcoin s’est tenu autour de 63 000 à 64 000 dollars malgré l’escalade entre les États-Unis et l’Iran. Plusieurs analyses récentes décrivent une réaction plus posée qu’en juin, quand le bitcoin était brièvement passé sous 60 000 dollars.
Cette résistance est l’un des arguments avancés par ceux qui estiment que le vendeur marginal, l’acteur qui faisait encore basculer le marché à la baisse, a probablement déjà liquidé l’essentiel de ses positions. Une note relayée par CoinDesk le 13 juillet évoque une pression vendeuse en reflux, sans pour autant crier victoire.
Le décor macro, lui, reste chargé. Les tensions au Moyen-Orient continuent de peser sur les actifs risqués et sur le pétrole. Dans ce contexte, le bitcoin a surtout évité une nouvelle vague de capitulation, ce qui plaide pour un épuisement progressif de la vente plutôt que pour un nouveau plongeon.
Le retour des ETF spot change la donne, pas encore le décor
L’autre signal cité par les analystes tient au rebond des flux vers les ETF spot bitcoin cotés aux États-Unis. Selon les données relayées par plusieurs médias financiers, ces produits ont enregistré 221,7 millions de dollars d’entrées nettes le 2 juillet, mettant fin à une série de 10 séances consécutives de sorties qui avait totalisé environ 2,7 milliards de dollars.
Fidelity a mené la charge, quand d’autres véhicules affichaient des flux plus contrastés. BlackRock, dont l’IBIT reste le plus gros ETF bitcoin spot du marché américain, enregistrait encore des sorties sur certaines séances. Le retour des acheteurs reste donc à géométrie variable.
Sur une échelle plus large, Citi a abaissé le 1er juillet à zéro son hypothèse de flux nets d’ETF sur 12 mois, contre 10 milliards de dollars auparavant, en constatant que les flux s’étaient récemment retournés. Une prudence qui jure avec les signaux plus constructifs du tout début de mois, quand les ETF ont renoué avec des entrées nettes après une série de rachats.
Entre stabilisation et prudence persistante
Les plus prudents ne parlent pas de reprise franche. Ils rappellent que les volumes restent irréguliers, que la sensibilité du bitcoin aux flux ETF demeure élevée et que la demande institutionnelle doit encore tenir plusieurs séances avant de virer à la tendance.
Le marché campe donc dans une zone grise : assez solide pour absorber une nouvelle bouffée de tensions internationales, pas assez net pour effacer les doutes nés des semaines de fuite de capitaux. De quoi entretenir la thèse d’un vendeur marginal à bout de souffle, sans pouvoir signer le certificat de guérison.