Comcast a décidé de couper la poire en deux, littéralement. Le 29 juin 2026, le groupe de Philadelphie a annoncé la séparation de ses activités en deux sociétés cotées distinctes. D’un côté les tuyaux, de l’autre les écrans. Le streaming a fini par avoir raison de l’empire intégré.
Points clés
- Comcast sépare ses activités en deux sociétés cotées : connectivité (câble, sans-fil) d’un côté, NBCUniversal et Sky de l’autre.
- L’opération doit aboutir en un an environ ; Comcast garde jusqu’à 19,9 % de NBCUniversal avant de monétiser sa part.
- Mike Cavanagh prend la tête de NBCUniversal, Michael Angelakis celle de Comcast.
- La scission intervient en plein effondrement du modèle pay-TV face au streaming.
Le câble d’un côté, NBCUniversal et Sky de l’autre
Comcast va scinder son activité via une spin-off de NBCUniversal et de Sky. L’idée : isoler la branche connectivité (câble, sans-fil, services aux entreprises) du pôle médias et divertissement, sous pression depuis des années face à la montée du streaming et à la consolidation du secteur. Selon l’annonce de Comcast sur la séparation de NBCUniversal et Sky, l’opération doit aboutir dans environ un an.
Une société regroupera Comcast Cable, le sans-fil et les services professionnels. L’autre s’articulera autour des parcs Universal, des studios de cinéma et de télévision, de NBC, de Peacock et des activités européennes de Sky. Comcast conservera jusqu’à 19,9 % du nouvel ensemble NBCUniversal pendant une période pouvant aller jusqu’à un an après la séparation, avant de monétiser progressivement cette participation.
Côté gouvernance, Mike Cavanagh, co-PDG de Comcast, dirigera la nouvelle NBCUniversal. Michael Angelakis, ancien directeur financier du groupe, prendra la tête de Comcast comme PDG. Les actionnaires détiendront des actions dans les deux entités une fois l’opération bouclée.
Un modèle pay-TV qui prend l’eau
Le timing n’a rien d’un hasard. La scission de NBC et NBCUniversal arrive alors que le secteur de la télévision payante vacille, plombé par la baisse des abonnements traditionnels et la fuite vers le streaming. Le même jour, la faillite d’un autre acteur du pay-TV est venue rappeler à quel point le modèle est bousculé.
Séparer les tuyaux des contenus, c’est une vieille recette : la connectivité génère des revenus stables et prévisibles, les médias coûtent cher et brûlent du cash en pleine guerre du streaming. En les divorçant, Comcast espère que les marchés valoriseront chaque morceau à sa juste mesure plutôt que de tout payer au tarif du maillon faible. La Bourse a d’ailleurs salué l’opération par une progression du titre, dans une séance par ailleurs marquée par un rebond des valeurs technologiques après plusieurs jours de prises de bénéfices.