Kalshi et Polymarket ne parient plus, ils encaissent. Pendant la Coupe du monde 2026, les marchés prédictifs (ces plateformes où l’on négocie des contrats oui/non sur des événements réels) ont dépassé les 50 milliards de dollars de volume mensuel, selon CoinDesk. De quoi faire pâlir les bookmakers classiques et leurs bonnes vieilles cotes.
Le tournoi de la FIFA a servi de carburant. Résultats des matchs, qualifiés, buteurs, vainqueur final : chaque question s’est transformée en marché, et chaque marché en flot de liquidités. Loin d’un coup de chance isolé, la poussée touche plusieurs plateformes à la fois.
Points clés
- Les marchés prédictifs ont dépassé 50 milliards de dollars de volume mensuel pendant la Coupe du monde 2026
- Le marché « World Cup Winner » de Polymarket cumulait 4,2 milliards de dollars, contre 1,1 milliard sur Kalshi
- Le total combiné Kalshi, Polymarket et Polymarket US atteignait 44,8 milliards de dollars sur le seul mois de juin
Une Coupe du monde qui dope les volumes
Tout part du coup d’envoi, le 11 juin. Plus le tournoi avançait, plus les échanges se concentraient sur les paris à fort suspense. Kalshi a vu son activité mensuelle bondir, Polymarket a atteint des sommets inédits.
Dès le 22 juin, Fortune chiffrait à 2,9 milliards de dollars le volume de Kalshi sur les marchés liés à la Coupe du monde, contre 2,5 milliards pour le marché « World Cup » de Polymarket depuis son lancement. Robinhood n’était pas en reste : via son partenaire d’échange, la plateforme avait exécuté plus de 500 millions de contrats depuis le début du mois, dont 400 millions depuis l’ouverture du tournoi.
Début juillet, les compteurs se sont affolés. Des données agrégées faisaient état d’un mois de juin record avec près de 9,4 milliards de dollars de volume sur Kalshi et environ 4,3 milliards sur la version internationale de Polymarket. Une analyse ultérieure portait le total combiné de Kalshi, Polymarket et Polymarket US à 44,8 milliards de dollars sur le seul mois de juin.
Kalshi, Polymarket et la pression sur les bookmakers
Le seuil des 50 milliards de dollars rapporté par CoinDesk change de catégorie. On ne compare plus ces plateformes à un site de paris sportifs mais à une place de marché à part entière. Le principe séduit : plutôt qu’une cote maison fixée par le bookmaker, un simple pari binaire dont le prix évolue en temps réel selon l’offre et la demande.
La Coupe du monde a concentré l’essentiel de l’activité. Au 13 juillet, un rapport de MetaMask créditait le marché « World Cup Winner » de Polymarket de 4,2 milliards de dollars à lui seul, contre 1,1 milliard sur Kalshi pour le même contrat, soit plus de 5,3 milliards cumulés. La même source relevait 185 marchés FIFA actifs sur Polymarket, après un pic à plus de 223 quelques jours plus tôt.
Le tournoi se poursuit jusqu’au 19 juillet 2026. Les derniers tours et leurs marchés annexes (scores, buteurs, vainqueur) devraient donc gonfler encore la note. Les bookmakers traditionnels, eux, regardent le train passer.