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Cybersécurité : 360 Security dévoile son rival chinois au modèle Mythos d’Anthropic

La course à l’IA offensive prend un tour très concret. En Chine, le groupe 360 Security Technology affirme avoir développé des outils capables de rivaliser avec les fonctions de cybersécurité d’Anthropic. L’annonce tombe alors que Washington a renforcé mi-juin les restrictions visant les modèles les plus avancés de la société américaine.

Le débat ne porte pas sur la puissance brute des modèles. Il concerne leur capacité à trouver des failles, à automatiser la réponse aux incidents et à mener des opérations cyber à grande échelle.

Points clés

  • 360 Security dévoile Tulongfeng et Yitianzhen, présentés comme l’équivalent chinois du modèle Mythos d’Anthropic.
  • L’outil aurait déjà identifié 3 432 failles, dont 105 confirmées par les autorités chinoises.
  • Son fondateur reconnaît un écart de 20 % à 30 % en capacité de base avec les modèles américains.
  • Washington a restreint mi-juin l’accès aux modèles de cybersécurité les plus avancés d’Anthropic.

360 Security revendique un équivalent à Mythos

Le 24 juin, lors de la conférence ISC.AI 2026 à Pékin, le fondateur de 360 Security, Zhou Hongyi, a présenté deux outils regroupés sous le nom Yitian Tulong. Le premier, Tulongfeng, est conçu pour découvrir automatiquement des vulnérabilités logicielles. Le second, Yitianzhen, vise l’automatisation de la défense et de la réponse aux incidents.

Zhou Hongyi a décrit Tulongfeng comme la « version chinoise de Mythos », en référence au modèle avancé d’Anthropic. 360 affirme que l’outil a déjà identifié 3 432 failles logicielles, dont 105 ont été confirmées par les autorités chinoises.

Le dirigeant reconnaît un écart de base avec les modèles américains, estimé entre 20 % et 30 %, tout en défendant une approche dite « agent ». Cette architecture combine modèle, bases de vulnérabilités et outils automatisés. Selon lui, elle atteint des capacités comparables sur certaines tâches cyber sans rattraper les performances générales des meilleurs modèles américains.

« Objectivement, les modèles nationaux accusent encore un écart de 20 % à 30 % en capacité de base. Si Mythos est une puce haut de gamme, ce que nous construisons est une machine complète, capable de tourner de façon stable, 24 heures sur 24, et de commettre moins d’erreurs. » Zhou Hongyi, fondateur de 360 Security Technology

Les restrictions américaines sur Anthropic au centre du dossier

Le sujet a pris de l’ampleur après le durcissement des contrôles américains visant les modèles les plus avancés d’Anthropic. L’administration Trump a ordonné à la société de restreindre l’accès à son modèle de cybersécurité le plus puissant, ce qui a conduit Anthropic à suspendre l’accès mondial à certains de ses modèles.

Cette décision alimente une crainte récurrente à Washington. En limitant l’accès à ses propres technologies de pointe, les États-Unis pourraient laisser la Chine combler plus vite l’écart sur des usages à forte valeur militaire et renseignement : découverte de failles, automatisation d’attaques et réponse aux intrusions. La crainte d’un rattrapage chinois structure désormais le débat sur les export controls.

Anthropic a multiplié les alertes sur les usages malveillants de ses outils. La société a déjà publié des éléments sur des campagnes cyber attribuées à des acteurs liés à la Chine, et sur le recours à ses modèles dans des opérations d’espionnage ou de reconnaissance.

La cybersécurité, terrain mesurable de la rivalité IA

Là où les benchmarks généraux restent difficiles à comparer, la recherche de vulnérabilités, la simulation d’intrusions et l’automatisation de la défense offrent des cas d’usage mesurables, monétisables et politiquement sensibles.

360 avance un système spécialisé, orienté production et réponse opérationnelle. Anthropic reste au centre du débat sur la sécurité des modèles « frontier », entre accès contrôlé, export controls et risque de détournement. La confrontation se joue sur la capacité d’un modèle à s’insérer dans des chaînes d’attaque et de défense déjà industrialisées, et sur la vitesse à laquelle chaque camp transforme une avancée technique en avantage cyber.

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