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Data centers en orbite : Masayoshi Son refroidit les ambitions spatiales de Musk

L’hypothèse d’un data center en orbite ne fait pas consensus, même chez les grands noms de la tech. Elon Musk vante depuis plusieurs semaines des infrastructures d’IA installées dans l’espace. Masayoshi Son a publiquement écarté l’idée lors d’une assemblée d’actionnaires de SoftBank. Le patron du groupe japonais estime que l’équation économique ne tient pas et que la bataille de l’IA se jouera d’abord sur Terre.

Points clés

  • Masayoshi Son estime que l’électricité ne pèse que 7 % du coût d’un data center, contre 93 % pour les puces et le matériel
  • SpaceX a présenté AI1, un satellite de calcul orbital de 150 kW en pic, et évoque une constellation jusqu’à 1 million de satellites
  • SoftBank reste engagé dans Stargate avec OpenAI, avec 19 milliards de dollars d’apport initial sur un total de 500 milliards sur quatre ans

Son rejette le calcul économique de Musk

Selon les comptes rendus publiés le 23 juin, Masayoshi Son a répondu à un actionnaire qui l’interrogeait sur des data centers spatiaux. Sa réponse a été directe : « Quel est l’intérêt ? Quel est le bénéfice à construire un data center d’IA dans l’espace ? » Le dirigeant a ensuite défendu la position de SoftBank, concentrée sur le déploiement d’infrastructures terrestres.

Son a avancé un argument simple. L’électricité ne représente qu’une part limitée du coût total d’un data center. Dans une reprise de ses propos, SoftBank a indiqué que cette dépense tourne autour de 7 %, contre 93 % pour les puces, le matériel et les autres coûts d’exploitation. À ses yeux, les économies d’énergie permises par le solaire en orbite ne suffiraient pas à compenser le coût du lancement, de la maintenance, des connexions réseau et de la latence.

Le patron de SoftBank a aussi placé le débat dans le calendrier de l’IA. Il a expliqué que les gagnants se décideraient dans les prochaines années, pas dans une décennie. Dans ce contexte, il préfère concentrer ses investissements sur des capacités de calcul disponibles rapidement sur Terre.

SpaceX pousse son idée de calcul en orbite

La prise de position de Son intervient alors qu’Elon Musk continue de défendre son projet de data centers orbitaux. Début juin, SpaceX a présenté AI1, une première génération de satellite destinée au calcul en orbite. Des éléments publiés par la presse spécialisée évoquent une puissance cible de 150 kW en pic et de 120 kW en moyenne.

SpaceX a aussi laissé entendre que cette ambition pourrait prendre une ampleur bien plus grande. Dans des documents et présentations relayés par la presse, le groupe a évoqué une constellation pouvant aller jusqu’à 1 million de satellites servant de base à des data centers orbitaux. Cette perspective a déjà suscité des interrogations techniques sur la dissipation thermique, l’alimentation électrique, les coûts de mise en orbite et la viabilité industrielle d’un tel réseau.

Masayoshi Son n’est pas le seul à exprimer des réserves. Plusieurs observateurs du secteur ont rappelé que le calcul en orbite pourrait fonctionner sur le papier, mais qu’il supposerait de résoudre des problèmes d’ingénierie lourds et de très long terme. Un point revient souvent : déplacer du matériel dans l’espace coûte cher, alors que les gains espérés reposent surtout sur une baisse de la facture énergétique.

SoftBank mise sur les infrastructures terrestres

SoftBank n’abandonne pas pour autant sa propre course à l’IA. Le groupe reste un soutien important du projet Stargate mené avec OpenAI, un programme d’infrastructures IA aux États-Unis annoncé en janvier avec une enveloppe initiale de 19 milliards de dollars de la part de SoftBank, sur un total évoqué de 500 milliards de dollars sur quatre ans.

Le contraste entre les deux approches est net. Musk mise sur une rupture technologique et énergétique en orbite. Son défend une stratégie plus immédiate : construire davantage de capacité de calcul au sol, là où les puces, l’énergie, les équipes et les réseaux sont déjà disponibles.

Dans ses propos relayés cette semaine, le dirigeant japonais a tout de même salué Musk comme un « remarquable agent du changement ». Mais sur le fond, il n’adhère pas à l’idée que l’espace devienne, à court terme, le meilleur endroit pour héberger les infrastructures de l’IA.

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