Les grands noms de l’IA aiment publier des rapports environnementaux bien peignés. Ils oublient juste la moitié de la note d’eau. Selon le Wall Street Journal, la consommation réelle des data centers dédiés à l’intelligence artificielle dépasserait largement les chiffres communiqués, une fois prise en compte la manière dont ces centres sont alimentés en électricité.
Points clés
- La consommation d’eau des data centers IA serait sous-évaluée car l’eau liée à la production électrique n’est pas comptée
- Meta publie à la fois sa consommation d’eau directe et indirecte
- Microsoft, Google et Amazon ne déclarent principalement que l’eau utilisée sur site
- L’absence de périmètre commun rend toute comparaison peu fiable
Eau directe, eau cachée
La distinction est technique mais lourde de conséquences. La consommation directe, c’est l’eau utilisée sur place pour refroidir les serveurs. La consommation indirecte, elle, correspond à l’eau engloutie en amont pour produire l’électricité qui fait tourner les machines (centrales thermiques, nucléaires et compagnie en sont friandes).
Or c’est précisément cette part indirecte qui disparaît des tableaux. Additionner les deux change radicalement l’ordre de grandeur, surtout pour des infrastructures dont l’appétit énergétique explose au rythme des modèles d’IA.
Meta joue franc jeu, les autres louvoient
D’après le quotidien financier, un seul acteur publie à la fois sa consommation directe et indirecte : Meta. De leur côté, Microsoft, Google et Amazon se contentent pour l’essentiel de déclarer l’eau utilisée directement dans leurs data centers. Traduction : la partie immergée de l’iceberg reste hors du rapport annuel.
Le résultat est un flou statistique confortable. Impossible de comparer sérieusement l’empreinte hydrique de ces groupes tant que chacun choisit son propre périmètre de comptage. Et tant que la mesure reste volontaire, on peut parier que le chiffre le plus flatteur restera celui mis en avant.