voteinutile.fr logo

Data centers : les constructeurs bradent des parts de leurs campus pour financer la ruée vers l’IA

La pioche et la pelle de la ruée vers l’or IA, ce sont désormais les mégawatts. Plusieurs constructeurs de data centers cherchent à céder des participations dans leurs projets pour attirer des capitaux frais, rapporte le Wall Street Journal. Les investisseurs, eux, ne visent plus les modèles ou les algorithmes mais l’outil industriel qui les fait tourner : terrains, bâtiments, énergie et capacité d’hébergement.

Les grands groupes ne se contentent plus de louer des salles blanches à des clients cloud. Ils ouvrent leur capital à des fonds, à des utilities et à des partenaires industriels pour financer des projets de plus en plus gourmands en électricité et en capex.

Points clés

  • National Grid Ventures investit 1,75 milliard de dollars pour 35 % de la plateforme Joulent, valorisée autour de 5 milliards
  • Des portefeuilles de data centers en Asie-Pacifique dépassent 30 milliards de dollars de valorisation
  • L’accès anticipé à la capacité électrique et aux raccordements devient le vrai actif recherché par les investisseurs

Des participations en vente pour financer la vague suivante

Le mouvement décrit par le Wall Street Journal concerne des actifs déjà très valorisés, parfois à hauteur de plusieurs milliards de dollars. La logique est limpide. Céder une part minoritaire d’un campus permet de récupérer du cash tout en gardant la main sur l’exploitation et le développement.

L’équation est devenue lourde. Un campus hyperscale de 300 MW peut engloutir plusieurs milliards de dollars avant même sa mise en service. Et il faut sécuriser très tôt l’accès au réseau électrique, aux sous-stations et aux contrats de fourniture d’énergie.

Les montages de 2026 suivent tous ce script. National Grid Ventures a annoncé le 1er juillet un investissement de 1,75 milliard de dollars pour prendre 35 % de Joulent, une plateforme d’infrastructure pour centres de données aux États-Unis. L’opération valorise Joulent autour de 5 milliards de dollars et doit financer Project Kilby, un site de 2,67 GW au Texas développé avec Chevron.

En Asie-Pacifique, les tickets grimpent encore. Des portefeuilles de data centers sont présentés à des investisseurs long terme avec des valorisations qui peuvent dépasser 30 milliards de dollars, selon les informations de marché publiées fin juin. Les acheteurs potentiels vont des fonds d’infrastructure aux groupes de capital-investissement, en passant par des investisseurs liés à l’énergie.

L’énergie, nouveau nerf de la guerre

Le point commun de ces opérations tient en un mot : l’électricité. Les besoins des data centers IA ont fait passer l’énergie du statut de simple poste d’exploitation à celui de contrainte structurante. Les développeurs cherchent donc des partenaires capables d’apporter du capital, mais aussi des mégawatts et des autorisations de raccordement.

Microsoft, Google, Amazon et Meta ont tous gonflé leurs dépenses d’infrastructure IA, pendant que les projets de production électrique dédiés se multiplient. Les joint-ventures servent alors à répartir le risque entre opérateurs, investisseurs financiers et acteurs de l’énergie.

La valeur ne réside plus seulement dans le bâtiment fini, mais dans l’accès anticipé à la capacité électrique, aux contrats de location et à la clientèle IA. Pour les constructeurs, vendre une part du projet accélère les développements suivants. Pour les acheteurs, c’est une façon de miser sur la base matérielle de l’IA avant que la demande ne soit entièrement absorbée. La révolution IA promettait des cerveaux logiciels. Elle se joue d’abord sur des factures d’électricité.

Commentaires