Toutes les blockchains ne se valent pas, surtout quand un État signe le chèque. Le 1er juillet 2026, la Fondation Ethereum a publié un guide de politique publique à destination des administrations, banques et autres institutions régulées qui lorgnent la blockchain. Le message tient en une ligne : méfiez-vous des réseaux « ouverts » qui restent pilotés en coulisses par une entreprise.
Points clés
- La Fondation Ethereum publie le 1er juillet 2026 un guide de politique publique pour les gouvernements et institutions.
- Le document met en garde contre les réseaux « ouverts » restant pilotés par une entreprise ou une fondation.
- Il s’appuie sur la nouvelle structure interne dévoilée le 23 juin, dotée d’un institutional layer.
- La Fondation a confirmé fin juin une réduction d’environ 20 % de ses effectifs.
Un guide taillé pour les décideurs publics
Intitulé « Ethereum for Governments and Institutions: Why neutral public infrastructure matters », le document se veut une introduction non technique signée par l’équipe Global Policy Strategy de la Fondation. Objectif affiché : aider les responsables publics à faire le tri entre un réseau réellement décentralisé et une infrastructure qui garde son maître caché derrière une fondation ou une société.
Selon la Fondation, l’enjeu n’est pas qu’une affaire de code. La structure de gouvernance, le degré de contrôle d’une entité centrale et la capacité d’un réseau à rester ouvert dans la durée deviennent des critères déterminants. Le guide ne vise pas que les gouvernements : universités, ONG et entreprises examinant des déploiements sur blockchain sont aussi dans la ligne de mire. La Fondation détaille ces usages institutionnels dans sa publication.
Le tout s’arrime à la nouvelle organisation interne dévoilée quelques jours plus tôt, désormais dotée d’un institutional layer chargé du travail avec les administrations, l’enseignement supérieur, les entreprises et les organismes à but non lucratif.
Neutralité, droit de sortie et contrôle institutionnel
La Fondation dit vouloir produire des exemples concrets d’intégration préservant plusieurs garanties : exécution équitable, portabilité des données, droit de sortie, protection de la vie privée et vérifiabilité. Elle promet aussi d’accompagner la rédaction de bonnes pratiques, de standards et d’architectures de référence pour l’adoption institutionnelle.
Cette publication prolonge un repositionnement plus large. Le 23 juin, l’organisation a détaillé une nouvelle structure en cinq blocs de travail plaçant au centre de son mandat la résistance à la censure, l’open source, la vie privée, la sécurité et la souveraineté individuelle. Le fil conducteur : Ethereum n’est pas un backend permissionné, mais une infrastructure publique dont les garanties doivent rester vérifiables, y compris dans un cadre institutionnel.
Ce que la Fondation cherche à éviter
La ligne est tranchée. Un réseau peut afficher une technologie flambant neuve et rester inadapté à un usage public de long terme si sa gouvernance reste concentrée entre quelques mains. À l’inverse, la Fondation vante les blockchains publiques décentralisées comme des systèmes dont la neutralité colle mieux aux besoins des administrations, à condition que sortie, confidentialité et auditabilité tiennent la route.
Le contexte a son poids. Fin juin, la Fondation a confirmé une réduction d’environ 20 % de ses effectifs et un resserrement de ses priorités autour du protocole. Le guide du 1er juillet en donne la traduction politique : Ethereum veut se faire comprendre comme une infrastructure de base, pas comme un produit d’entreprise déguisé en réseau ouvert.