La tokenisation quitte enfin les slides PowerPoint pour tâter le vrai marché. Le Depository Trust & Clearing Corporation (DTCC), colonne vertébrale du règlement-livraison américain, prépare un essai grandeur nature qui convertit actions, ETF et bons du Trésor en jetons numériques. À la table : JPMorgan, BlackRock et Goldman Sachs, entre autres. L’opération se joue sur des actifs détenus par la Depository Trust Company, sa filiale chargée de conserver et transférer les titres.
Points clés
- DTCC teste la conversion d’actions du Russell 1000, d’ETF et de bons du Trésor en jetons numériques
- Plus de 50 entreprises impliquées, dont JPMorgan, BlackRock, Goldman Sachs, Nasdaq, Circle et Robinhood
- Démarrage prévu en juillet 2026, lancement commercial élargi visé en octobre 2026
- Le dispositif s’appuie sur un feu vert réglementaire obtenu auprès de la SEC fin 2025
Des actifs choisis pour leur liquidité
Le test porte sur des titres du Russell 1000, des ETF indiciels majeurs et des Treasurys américains. Le casting n’a rien du hasard. Ce sont les instruments les plus échangés du marché américain, avec des volumes quotidiens massifs et une chaîne opérationnelle déjà rodée au millimètre. Autant tester la plomberie blockchain sur les tuyaux les plus fréquentés.
DTCC a monté le chantier avec un groupe de travail de plus de 50 entreprises. Outre le trio de tête, on retrouve Bank of America, Citadel Securities, Nasdaq, NYSE Group, Morgan Stanley, Fidelity, Circle, Ondo Finance, Fireblocks, Robinhood ou Ripple Prime. Le tout reste encadré par le feu vert réglementaire obtenu auprès de la SEC fin 2025, qui autorise un service de tokenisation sur une liste définie d’actifs éligibles.
DTCC, aiguilleur des titres américains
DTCC n’est pas un acteur périphérique. Sa filiale DTC conserve et transfère une part énorme des titres échangés aux États-Unis. L’idée du projet : représenter ces actifs sous forme de jetons sur des réseaux autorisés, sans toucher aux droits de propriété ni aux protections attachées aux titres classiques. Le fond reste le même, seul l’emballage passe au numérique.
Le calendrier avancé par plusieurs sources sectorielles table sur un démarrage en juillet 2026 pour des transactions limitées, avant un lancement commercial plus large en octobre 2026. Les essais doivent vérifier qu’un règlement plus rapide et une circulation d’actifs sur blockchain tiennent la route dans un environnement proche du marché réel.
Un changement d’échelle pour la tokenisation
La tokenisation a déjà accumulé les pilotes sur des actifs privés, des fonds monétaires ou des obligations isolées. Ici, on monte d’un cran avec des titres cotés et des instruments souverains ultra-liquides. Le dossier arrive alors que banques américaines et entreprises crypto planchent déjà sur des usages voisins, notamment les bons du Trésor tokenisés et les rails de règlement interopérables.
Tous les détails opérationnels n’ont pas été publiés. Mais les éléments disponibles convergent : DTCC vise une mise en production limitée sur des titres cotés et des Treasurys, avec un noyau de grandes banques, de gestionnaires d’actifs et d’infrastructures de marché. Si l’essai tient ses promesses, Wall Street pourrait bientôt régler ses transactions sur blockchain sans que personne ne clignote.