À Madrid, Lorde a transformé son concert en tribune anti-lunettes connectées. En plein set au festival Mad Cool, la chanteuse néo-zélandaise a réglé son compte à un objet qu’elle juge impossible à assumer dans l’espace public, avec un verdict sans appel : « Not sexy ». Une pique qui ratisse plus large que la simple question de style.
La séquence a fait le tour des réseaux sociaux. Devant la foule, Lorde lâche : « De plus en plus, dans notre monde, il devient difficile de savoir ce qui est réel. » Elle enchaîne sur l’impossibilité de distinguer de simples lunettes de soleil d’un modèle bardé de capteurs, avant de conclure : « Fuck the glasses. Don’t get the glasses. Not sexy. »
Points clés
- Au festival Mad Cool de Madrid, Lorde a critiqué les lunettes IA en concert : « Fuck the glasses. Not sexy. »
- La chanteuse pointe l’impossibilité de savoir si quelqu’un enregistre son environnement dans l’espace public.
- En juin, Meta a lancé une nouvelle génération de lunettes IA à partir de 299 dollars, contre 379 pour les Ray-Ban Meta de 2e génération.
Une cible sans nom, mais reconnaissable
Lorde ne cite aucune marque, mais personne n’est dupe. Le marché des lunettes connectées, c’est surtout Meta qui le pousse depuis des années avec EssilorLuxottica, maison mère de Ray-Ban. Caméra, micros, haut-parleurs et IA conversationnelle : le tout emballé quelque part entre l’accessoire de mode et le gadget numérique.
En juin, Meta a justement présenté une nouvelle génération de lunettes IA à partir de 299 dollars, soit au moins 80 dollars de moins que le ticket d’entrée des Ray-Ban Meta de deuxième génération (379 dollars). La gamme inclut même des modèles co-signés Kylie Jenner. Baisser les prix, multiplier les collaborations mode : la recette pour transformer un prototype de geek en objet du quotidien.
La discrétion, ce fardeau
L’argument de vente des lunettes IA, c’est de pouvoir filmer, photographier, traduire ou interroger un assistant sans dégainer son smartphone. C’est aussi précisément ce qui hérisse les défenseurs de la vie privée. Dans un festival bondé, la question devient brûlante : à distance, impossible de savoir si votre voisin porte de banales lunettes ou une caméra ambulante en train d’enregistrer tout le monde.
Lorde a posé cette gêne sans détour, sans jargon ni procès en règle contre une entreprise. Son intervention tombe alors que ces lunettes tentent justement de quitter le rayon curiosité pour rejoindre celui du grand public.
Un caillou dans la chaussure de Meta
La sortie de la chanteuse ne décalera pas d’un jour le calendrier produit de Meta. Mais elle offre une formule facile à retenir à un marché qui cherche encore son vocabulaire. D’un côté, une industrie qui veut faire oublier l’image du gadget espion. De l’autre, une partie du public qui continue d’y voir une surveillance diffuse plutôt qu’un accessoire de mode. Pour Lorde, le débat est tranché : ces lunettes restent « not sexy ».