Quand on dépense 70 milliards de dollars en centres de données, autant faire payer les voisins pour la capacité qu’on n’utilise pas. Selon Bloomberg, repris par TechCrunch ce 1er juillet 2026, le groupe de Menlo Park planche sur une offre d’infrastructure vendue à des clients externes. Objectif : monétiser une partie des sommes englouties dans ses data centers, ses puces et ses modèles, sur un terrain déjà bien gardé par Amazon Web Services, Google Cloud et Microsoft Azure.
Le projet en est à un stade préliminaire. Il s’inscrit néanmoins dans une séquence bien engagée. En juin, Meta a mis en avant sa stratégie de « compute at every level » : data centers taillés pour l’IA, puces maison MTIA et partenariats avec AWS, AMD et NVIDIA. Quelques semaines plus tôt, le groupe confirmait vouloir gonfler encore ses dépenses d’infrastructure en 2026.
Points clés
- Meta planche sur une offre cloud pour vendre sa capacité IA inutilisée à des clients externes
- Deux pistes : accès à des modèles hébergés (façon Bedrock) ou location de calcul brut (GPU/serveurs)
- Le groupe vise 66 à 72 milliards de dollars de dépenses d’infrastructure en 2026
- Une offensive potentielle contre AWS, Google Cloud, Azure et les néoclouds type CoreWeave
Modèles hébergés ou calcul brut : deux pistes sur la table
Meta examinerait au moins deux formats de commercialisation. Le premier donnerait accès à des modèles d’IA hébergés sur son infrastructure, dans l’esprit de Bedrock chez AWS. Le second consisterait à louer du calcul brut, autrement dit de la capacité GPU ou serveur, sans couche applicative complète.
Dans les deux cas, l’idée est de faire payer une puissance qui dormirait faute d’usage interne. Une logique qui rapproche Meta des néoclouds spécialisés dans la location de GPU, à la CoreWeave, plutôt que des seules plateformes grand public. L’initiative serait suivie en interne par l’organisation Meta Compute, sous la houlette de Santosh Janardhan, responsable de l’infrastructure, aux côtés de Daniel Gross, qui dirige Meta Superintelligence Labs, et de Dina Powell McCormick, présidente du groupe.
Un capex qui donne le vertige
Meta n’a rien annoncé de commercial. Mais le débouché externe pour son compute a droit de cité en interne. En mai, lors de l’assemblée générale annuelle, Mark Zuckerberg jugeait l’option « definitely on the table ». Il ajoutait que d’autres entreprises réclamaient régulièrement l’accès aux modèles ou à la capacité de calcul du groupe, sans réponse favorable jusqu’ici faute de puissance à revendre.
Le sujet tombe dans un contexte de dépenses d’investissement particulièrement salées. Meta vise 66 à 72 milliards de dollars de capex pour 2026, avec des projections revues à la hausse dans ses prises de parole récentes. De quoi nourrir les spéculations sur une valorisation de la capacité excédentaire, si les besoins internes venaient à être couverts plus vite que prévu.
Un quatrième larron face aux trois géants du cloud
Si Meta allait au bout, l’affaire ne se limiterait plus à vendre de la pub ou à distribuer Llama en open source. Le groupe débarquerait sur un marché où la relation client, les garanties de service, la facturation à l’usage et l’outillage développeur font la loi. Un terrain qui le placerait face aux trois grands fournisseurs de cloud, mais aussi face aux néoclouds déjà à l’affût des besoins d’entraînement et d’inférence à grande échelle.
Reste que le calendrier et la forme commerciale demeurent inconnus. Une chose est actée : Meta ne voit plus son infrastructure IA seulement comme un coût de production, mais comme un stock à écouler quand ses propres appétits ne suffisent plus à le digérer.