Wall Street cherche son prochain grand gagnant coté lié à l’IA, et le nom de Micron revient désormais en tête. Le fabricant de mémoire basé à Boise (Idaho) a vu son action s’envoler après des résultats trimestriels très au-dessus des attentes et des prévisions qui traduisent une demande soutenue pour ses puces DRAM, NAND et surtout HBM, la mémoire à large bande passante des serveurs d’intelligence artificielle.
Certains acteurs du marché comparent désormais Micron à Nvidia, non pour ses GPU mais pour sa place devenue centrale dans l’infrastructure de l’IA. La société a brièvement dépassé la capitalisation de Meta et Tesla la semaine dernière. À la clôture de vendredi, Micron valait encore environ 1 270 milliards de dollars, contre 1 390 milliards pour Meta et 1 420 milliards pour Tesla.
Points clés
- Micron a publié 41,46 milliards de dollars de chiffre d’affaires au T3 fiscal 2026, contre 9,3 milliards un an plus tôt.
- Guidance attendue entre 49 et 51 milliards de dollars pour le trimestre en cours, portée par la demande en mémoire HBM.
- L’action a gagné plus de 236 % en un mois et la capitalisation a brièvement dépassé Meta et Tesla.
- Accords de long terme avec Nvidia et Anthropic, marché de la mémoire tendu au-delà de 2027.
Un trimestre hors norme, dopé par la mémoire pour l’IA
Micron a publié le 24 juin des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Le chiffre d’affaires du troisième trimestre fiscal 2026 a atteint 41,46 milliards de dollars, contre 9,3 milliards un an plus tôt. Le bénéfice ajusté s’est établi à 25,11 dollars par action, au-dessus du consensus de 20,78 dollars.
La société a surtout livré une guidance solide pour le trimestre en cours, avec un chiffre d’affaires attendu entre 49 et 51 milliards de dollars. Selon les résultats relayés par CNBC, Micron dit avoir signé 16 accords stratégiques avec des clients dans les data centers, l’automobile et les produits grand public. Des accords de long terme lient aussi le groupe à Nvidia et à la start-up d’IA Anthropic.
Le point clé reste la pénurie de mémoire. Les data centers d’IA absorbent de grandes quantités de puces pour leurs serveurs, et les modules HBM sont devenus un produit stratégique. La demande dépasse encore l’offre. Micron a relevé ses perspectives en expliquant que les conditions de marché resteraient tendues au-delà de 2027.
Pourquoi les investisseurs y voient un « nouveau Nvidia »
La comparaison tient moins au métier qu’au rôle de fournisseur incontournable d’une chaîne de valeur dopée par l’IA. Nvidia vend les processeurs, Micron fournit la mémoire qui les alimente. Dans les serveurs d’IA, cette mémoire est devenue un goulot d’étranglement, ce qui soutient les prix et les marges.
Le titre Micron a bondi de plus de 236 % sur le seul dernier mois, selon l’analyse de TechCrunch, et l’action a terminé vendredi à 1 132 dollars. Cette hausse a propulsé le groupe dans une zone de valorisation réservée jusqu’ici à quelques géants de la tech.
Reste une différence de taille avec Nvidia. Micron ne contrôle pas la demande finale mais un maillon industriel précis, soumis aux cycles des mémoires. La mémoire pour l’IA n’est plus un composant de fond de chaîne. Elle est devenue un marché de premier plan, avec des commandes verrouillées, des prix élevés et une visibilité inhabituelle pour le secteur.