Un an de pause pour les gloutons de mégawatts. L’État de New York a transmis à la gouverneure Kathy Hochul un texte qui gèlerait jusqu’à un an la construction des très grands data centers, le temps de bâtir un cadre réglementaire tourné vers l’environnement et le réseau électrique. De quoi refroidir un secteur qui carbure au superlatif.
La mesure ne concerne que les installations dépassant 20 mégawatts de puissance de pointe. Elle arrive alors que le cloud, l’IA et les usages industriels du numérique font grimper les besoins en raccordement, en électricité et en eau.
Points clés
- Le texte gèle un an les permis de data centers dépassant 20 MW de puissance de pointe
- Les installations au-dessus de 5 MW seraient soumises à de nouvelles exigences énergétiques et environnementales
- La gouverneure Kathy Hochul a dix jours pour signer, opposer son veto ou amender le texte
- New York serait le premier État américain à instaurer un tel moratoire à l’échelle de tout l’État
Un moratoire réservé aux plus gros appétits
Baptisé Responsible Data Center Development Act, le texte impose une suspension d’un an sur les nouveaux permis de large data centers. Le seuil retenu est de 20 MW de demande de pointe. Les projets déjà autorisés ou déjà en chantier échappent à la pause : pas de rétroactivité pour les bulldozers déjà à l’œuvre.
En droit new-yorkais, la gouverneure dispose d’un délai de dix jours après transmission formelle pour signer, opposer son veto ou réclamer un amendement. Au moment où le dossier a atterri sur son bureau, Kathy Hochul n’avait pas encore abattu ses cartes.
Le texte ne se limite pas au gel temporaire. Il prévoit aussi de nouvelles exigences pour les installations au-dessus de 5 MW : objectifs d’efficacité énergétique, règles sur le recours aux renouvelables et obligations liées aux impacts pour les riverains et les usagers du réseau. Comme le détaille le cabinet DLA Piper, ce serait une première à l’échelle d’un État entier.
Électricité, eau et tarifs au cœur du débat
Les discussions à Albany tournent autour de trois sujets récurrents : la capacité du réseau, l’usage de l’eau et la répartition des coûts. Le texte confie au Department of Environmental Conservation un travail sur les impacts des data centers, de la consommation électrique à la pollution en passant par l’eau et les déchets électroniques.
Le contexte local a pesé. Plusieurs collectivités new-yorkaises ont déjà adopté leurs propres pauses ou restrictions, pendant que le débat s’étendait aux grands projets d’IA et de cloud. Au printemps, le réseau comptait des dizaines de projets de forte charge en file d’attente pour un raccordement. L’Assemblée de New York a validé le principe d’une pause d’un an.
Si Kathy Hochul signe, New York devient le premier État américain à imposer un moratoire sur ses nouveaux grands data centers. Si elle refuse, le texte reste lettre morte dans sa forme actuelle. La décision se joue entre le bureau de la gouverneure et l’Assemblée, chronomètre en main.