Pendant que les géants de l’IA aspirent vos prompts pour nourrir leurs prochains modèles, Proton fait le pari inverse. L’éditeur suisse déploie cette semaine Lumo 2.0, la nouvelle mouture de son assistant IA bâti autour de la vie privée. Au menu : nouveau socle technique, mode raisonnement, capacités multimodales et recherche web sourcée.
Proton présente cette version comme son plus gros saut depuis le lancement du service. Le tout repose toujours sur une infrastructure européenne et un chiffrement à accès zéro, ce qui interdit à Proton lui-même de mettre le nez dans vos conversations. Sur le papier, l’argument tranche avec la concurrence.
Points clés
- Lumo 2.0 ajoute un mode raisonnement, le multimodal (génération et édition d’images) et une mémoire contrôlée par l’utilisateur
- Chiffrement à accès zéro et code open source : ni journaux exploitables, ni entraînement de modèles sur les conversations
- Réponses jusqu’à 76 % plus rapides que Lumo 1.4 et 10 millions d’utilisateurs depuis juillet 2025
- Quatre formules de Lumo Free à Lumo for Business à 24,99 dollars par utilisateur et par mois
Raisonnement, images et mémoire au programme
Lumo 2.0 propose deux modes d’usage. Fast mise sur la vitesse pour les requêtes courantes. Thinking active un raisonnement plus long pour les tâches complexes. Proton annonce des réponses jusqu’à 76 % plus rapides qu’avec Lumo 1.4 sur les questions du quotidien.
Le service passe aussi au multimodal. Il analyse une image, en génère une à partir d’une consigne ou la retouche dans la même conversation. Proton applique le chiffrement à accès zéro à ces contenus, images envoyées et générées comprises.
Côté nouveautés, la mémoire reste sous le contrôle de l’utilisateur. Les Projects offrent des espaces chiffrés pour regrouper conversations, fichiers et instructions sur plusieurs sessions. S’ajoutent les Custom Lumos, des assistants taillés pour une tâche précise comme la rédaction ou la recherche.
Un assistant privé face aux modèles généralistes
Le point central martelé par Proton : les échanges ne sont ni enregistrés dans des journaux exploitables, ni recyclés pour entraîner de futurs modèles. La société rappelle aussi que Lumo est open source, donc auditable par quiconque veut vérifier que le discours colle au code.
Proton compare les progrès de Lumo 2.0 sur l’Artificial Analysis Intelligence Index : la version Lite gagne 127 % et la Max 240 % face à Lumo 1.4. L’assistant aurait séduit 10 millions d’utilisateurs depuis son lancement en juillet 2025.
L’offre se décline en quatre formules : Lumo Free, Lumo Plus à 12,99 dollars par mois, Lumo Professional à 14,99 dollars par mois et Lumo for Business à 24,99 dollars par utilisateur et par mois, intégré à Proton Workspace. Le tout tourne sur une infrastructure européenne sous droit suisse, avec une intégration Proton Drive pour travailler sur des documents protégés. Une IA qui chiffre vos prompts plutôt que de les revendre : l’idée a au moins le mérite de la cohérence.