Tendance puissante un jour, correction brutale le lendemain. Début juillet 2026, le marché a rejoué son sketch préféré. D’un côté des puces d’IA qui ont aspiré les capitaux pendant six mois. De l’autre un bitcoin ballotté entre rebonds et rechutes après une phase de tension généralisée sur les actifs risqués.
La lecture est limpide. Une rupture technologique peut nourrir des gains durables, mais une hausse trop rapide dans les semi-conducteurs, certains métaux ou le bitcoin finit toujours par déclencher des prises de bénéfices massives. ETF de semi-conducteurs, Nvidia, Micron, SanDisk et bitcoin ont tous servi de terrain de jeu à ces rotations express.
Points clés
- Le VanEck Semiconductor ETF a gagné plus de 60 % et le Roundhill Memory ETF plus de 100 % au premier semestre, avant un net reflux début juillet
- Le Philadelphia Semiconductor Index a cédé plus de 11 % en deux séances, puis encore 5,5 % le 7 juillet
- Le bitcoin a oscillé entre 57 750 et 63 882 dollars en juin-juillet, au gré des flux entre valeurs IA et actifs risqués
Les puces IA, stars du semestre rattrapées par la cupidité
Le 3 juillet, les grandes gagnantes boursières du premier semestre étaient sans surprise les actions liées à la mémoire et aux semi-conducteurs, en première ligne de la demande de calcul pour l’IA. Le VanEck Semiconductor ETF (SMH) affichait plus de 60 % de hausse, le Roundhill Memory ETF (DRAM) plus de 100 % sur six mois. Dans le même temps, l’iShares Bitcoin Trust de BlackRock (IBIT) reculait d’environ 30 %.
Quelques titres crèvent le plafond : SanDisk avec plus de 530 % sur l’année, Micron avec plus de 230 %. Puis la fête a tourné. Début juillet, le Philadelphia Semiconductor Index a cédé plus de 11 % en deux séances (1er et 2 juillet) avant de rebondir. Micron et SanDisk ont chacun perdu plus de 10 % sur une séance, AMD et Intel ont plongé dans la foulée.
La pression n’a pas été un long fleuve tranquille. Le 7 juillet, l’indice a de nouveau chuté de 5,5 % sur la séance, avec Nvidia en baisse de 1,8 %, Intel de 8,2 % et Micron de 7,3 %. Envolée, doute sur l’ampleur réelle des dépenses d’infrastructure, correction éclair : le trio habituel.
« Les grandes gagnantes boursières de l’année ont été les actions de mémoire et de semi-conducteurs, cruciales pour l’industrie de l’IA. » (CoinDesk, 3 juillet 2026)
Le bitcoin danse au rythme des flux
Le bitcoin a suivi la même chorégraphie. Le 3 juillet, il tournait autour de 61 657 dollars après un rebond depuis un plus bas inédit en près de deux ans, plombé par les capitaux partis vers les valeurs IA.
Le 5 juillet, il repassait au-dessus de 63 000 dollars après avoir touché près de 57 750 dollars en juin. Une réaction à la liquidité, aux sorties des ETF au comptant et aux sautes d’humeur sur le risque, pas une rupture fondamentale du marché crypto.
Le 6 juillet, il évoluait vers 62 716 dollars après un pic intrajournalier à 63 882 dollars, avant de refluer sous 63 000 dollars. Le mouvement collait à la reprise des valeurs mémoire et semi-conducteurs aux États-Unis : une rotation de capitaux, pas un séisme isolé sur la crypto.
La même mécanique, encore et encore
Le fil conducteur tient en trois temps : hausse concentrée, attente démesurée, repli dès que les investisseurs ajustent leurs positions. Dans les semi-conducteurs, le récit du cycle IA de long terme continue d’attirer les acheteurs, mais les valorisations tendues et le moindre bruit sur des surcapacités déclenchent des secousses immédiates. Côté bitcoin, sentiment, liquidité et exposition via les ETF pèsent autant que les arguments de long terme.
Une tendance structurelle solide et une correction brutale à court terme peuvent parfaitement cohabiter. Les flux se précipitent vers l’histoire dominante du moment, puis la fuient dès qu’elle sent trop le consensus. Rien de neuf sous le soleil des marchés : on achète la promesse, on vend la foule.