Se faire poursuivre par Tesla, lever des fonds et serrer la main de ses investisseurs : la semaine de Jay Li tient sur un fil. Proception, jeune pousse américaine des mains robotisées, a annoncé lundi 29 juin 2026 avoir trouvé un terrain d’entente avec le constructeur dans le dossier de secrets d’affaires qui les oppose depuis 2025. Dans le même mouvement, la société de Jay Li dit avoir bouclé un tour de table de 11 millions de dollars.
Points clés
- Proception et Tesla mettent fin au litige sur les secrets d’affaires lancé en 2025, plainte retirée début juin 2026.
- La start-up boucle un tour de table de 11 millions de dollars mené par First Round Capital, avec Y Combinator et BoxGroup.
- Son fondateur Jay Li est un ancien responsable technique du programme de robot humanoïde Optimus de Tesla.
- Aucun calendrier de commercialisation ni valorisation n’a été communiqué.
Un litige né autour d’Optimus
Jay Li avait travaillé chez Tesla comme responsable technique sur le programme de robot humanoïde Optimus. L’an dernier, son ancien employeur l’accusait d’être parti avec des informations confidentielles pour lancer Proception, start-up qui développe une main robotique destinée à des usages avancés de manipulation.
Tesla a fini par retirer sa plainte début juin 2026, après plusieurs mois d’échanges judiciaires. Le constructeur n’a pas répondu aux sollicitations. Le dossier s’inscrivait dans une série de contentieux engagés par Tesla contre d’anciens salariés ou partenaires, sur fond de course aux composants critiques de la robotique humanoïde, dont les mains articulées.
« Je ne recommande pas de se faire poursuivre par Tesla quand on essaie de lancer une start-up. » (Jay Li, fondateur de Proception)
11 millions de dollars et des financiers du cru
First Round Capital a mené l’opération, avec la participation de Y Combinator et BoxGroup. La société n’a pas détaillé l’usage précis de ces fonds ni sa valorisation.
La levée tombe au bon moment sur un segment très disputé : les mains robotisées, pièce maîtresse des robots censés saisir, manipuler et assembler des objets avec finesse. Tesla travaille lui aussi sur ce terrain via Optimus, dont la main figure parmi les éléments les plus sensibles sur le plan industriel. D’où, sans doute, la sensibilité du contentieux.
Une start-up jeune, déjà sous pression
Le dossier judiciaire a accompagné les premiers mois d’existence de Proception. La société a continué son développement pendant le conflit, avant que l’accord n’éteigne le volet contentieux. Jay Li récupère donc des moyens financiers au moment où la concurrence s’intensifie entre laboratoires industriels et start-up adossées au capital-risque.
Les documents publics ne livrent aucun calendrier de commercialisation. Ils confirment deux choses : la fin du litige avec Tesla et l’arrivée de nouveaux capitaux. Pour un fondateur qui a passé un an à recevoir du courrier d’avocats, c’est déjà une victoire.