Un prototype prometteur sur le papier, mais qui garde encore ses meilleures cartes en main. SK hynix, la jeune pousse TetraMem et l’université de Californie du Sud (USC) ont dévoilé un system-on-chip (SoC) de calcul en mémoire à base de memristors, taillé pour les appareils d’intelligence artificielle en périphérie. Objectif affiché : réduire drastiquement la consommation énergétique. Objectif atteint… à moitié.
Points clés
- SK hynix, TetraMem et l’université de Californie du Sud ont construit un SoC de calcul en mémoire à base de memristors pour l’IA en périphérie
- Le calcul en mémoire évite les allers-retours énergivores entre mémoire et processeur
- L’efficacité énergétique est jugée prometteuse, mais le plein potentiel en performances n’a pas été démontré
Calculer là où sont les données
Le principe du calcul en mémoire (in-memory computing) consiste à effectuer les opérations directement là où les données sont stockées, plutôt que de les faire voyager sans cesse entre la mémoire et le processeur. Ces allers-retours sont l’un des gouffres énergétiques des architectures classiques, surtout pour les charges de travail IA gourmandes en multiplications matricielles.
Le memristor, composant capable de stocker une information tout en modulant sa résistance électrique, se prête bien à ce jeu. Sur des appareils dits edge (capteurs, objets connectés, terminaux embarqués) où chaque milliwatt compte, la promesse d’une efficacité énergétique accrue a de quoi séduire les concepteurs.
Un prototype qui garde ses secrets
Le trio a bien construit une puce fonctionnelle et mesuré une efficacité énergétique jugée prometteuse. Mais l’expérimentation n’est pas allée jusqu’à démontrer le plein potentiel du système en matière de performances brutes. En clair : on sait que ça consomme peu, on ne sait pas encore jusqu’où ça peut aller vite.
C’est la nuance qui sépare la publication de recherche du produit commercial. Le calcul en mémoire à base de memristors traîne cette réputation depuis des années : des démonstrations séduisantes en laboratoire, une industrialisation qui se fait attendre. Fiabilité des cellules, endurance, reproductibilité à grande échelle… les obstacles ne manquent pas.
Un pari de long terme pour SK hynix
Pour SK hynix, deuxième fabricant mondial de mémoire, s’associer à une jeune pousse spécialisée comme TetraMem et à un laboratoire universitaire est une manière peu coûteuse d’explorer des architectures alternatives sans engager toute sa chaîne de production. Le calcul en mémoire ne remplacera pas de sitôt les GPU dans les centres de données, mais sur le terrain de l’IA embarquée à basse consommation, il pourrait trouver sa niche.
Reste que, pour l’instant, ce SoC ressemble surtout à une jolie preuve de concept. Prometteuse sur la sobriété énergétique, muette sur les performances. Le genre de résultat qui fait avancer la science plus vite que le rayon des magasins.