Racheter des marques Internet fatiguées pour les remettre debout : voilà le pari qui vaut aujourd’hui à Bending Spoons une valorisation de 18 milliards de dollars. L’entreprise italienne, longtemps discrète, s’est fait une spécialité d’acheter des services grand public en perte de vitesse. Ses cofondateurs racontent avoir tiré leurs leçons les plus utiles d’un échec : celui de leur propre startup.
Points clés
- Bending Spoons atteint une valorisation de 18 milliards de dollars lors de son entrée en Bourse
- L’entreprise italienne rachète des marques Internet populaires mais en difficulté pour les redresser
- Ses cofondateurs revendiquent une méthode visant à réduire la part de hasard dans le succès
Une stratégie de repreneur, pas d’inventeur
Le modèle de Bending Spoons ne repose pas sur le prochain produit miracle, mais sur des marques déjà installées et bien accrochées à leur base d’utilisateurs. La maison rachète des services populaires mais essoufflés, taille dans les coûts, optimise le produit et cherche à en refaire des machines rentables. Une approche d’ingénieur autant que de financier.
Le résultat : une valorisation de 18 milliards de dollars au moment de son entrée en Bourse. De quoi placer l’entreprise italienne dans une catégorie où l’on croise rarement des acteurs européens du numérique grand public.
L’échec comme matière première
Selon ses cofondateurs, les enseignements décisifs sont venus de la faillite de leur premier projet. D’où une obsession affichée : réduire la part de chance dans l’équation. Autrement dit, ne pas miser la boîte sur un coup de dés, mais construire des processus qui rendent le succès reproductible plutôt qu’accidentel.
La formule a le mérite de la clarté. Dans un secteur qui adore raconter des trajectoires providentielles, revendiquer que la réussite se fabrique en minimisant le hasard tranche avec le storytelling habituel de la Silicon Valley.