Pendant que le SaaS broie du noir, un revenant italien fait le contraire de tout le monde. Bending Spoons a fait ses grands débuts en Bourse avec un bond de 40 % dès la première séance de cotation. Un contre-pied assumé dans un secteur logiciel plutôt morose.
Points clés
- Bending Spoons a gagné 40 % dès son premier jour de cotation en Bourse.
- Son modèle repose sur le rachat et la relance de marques tech vieillissantes.
- Son portefeuille inclut AOL, Eventbrite, Evernote, Meetup et Vimeo.
- Une performance à contre-courant d’un secteur SaaS en difficulté.
Le fossoyeur qui recycle les vieilles gloires du web
La recette maison n’a rien de sorcier sur le papier : racheter des marques tech de la génération précédente, les dépoussiérer et les remettre au travail. Le portefeuille ressemble à un cimetière de start-ups ressuscitées, avec AOL, Eventbrite, Evernote, Meetup et Vimeo. Autant de noms qui ont fait les beaux jours d’internet avant de tomber en désuétude.
Cette stratégie de rachat-relance a nourri une croissance rapide. Là où d’autres bâtissent un produit et prient pour l’adoption, Bending Spoons préfère mettre la main sur une base d’utilisateurs déjà installée, puis presser le citron. Les logiciels d’occasion ont visiblement encore de beaux restes.
Un pari à contre-courant du marché
Le timing détonne. Le secteur du logiciel en tant que service (SaaS, ces applications facturées à l’abonnement) traverse une période difficile, entre valorisations dégonflées et investisseurs frileux. La flambée de 40 % au premier jour tranche donc nettement avec l’ambiance générale.
Reste que la Bourse récompense ici un modèle éprouvé plutôt qu’une promesse technologique flamboyante. Bending Spoons ne vend pas de révolution, il rachète des marques que le marché avait enterrées un peu vite. Preuve qu’en tech, la seconde vie se monnaie parfois mieux que la première.